Pistes de réformes dans le Secondaire

Publié le par Patrice Huiban

-          Continuer à développer la maîtrise de la langue par des cours de grammaire et d’orthographe renforcés,

 

-          continuer à développer l’exigence, le goût pour l’effort et le travail bien fait avec, en parallèle, une politique d’accompagnement volontariste (cours de soutien dans le prolongement du primaire). Organiser tous les trimestres une remise de prix pour les meilleurs élèves et ceux qui ont le plus progressé durant la période,

 

-          mettre officiellement fin au collège unique avec, à partir de la classe de 4ème, une demi-journée par mois de découverte du milieu professionnel en liaison avec des artisans et chefs d’entreprise partenaires. Ce ne serait qu’une ouverture qui serait à confirmer ou infirmer à l’issue de la troisième,

 

-          instaurer en 3ème un examen du brevet exigeant qui serait à la fois un outil d’évaluation (comme en CM2) et d’orientation (et non de sélection) afin de permettre à chacun de trouver sa voie au lycée. Il s’agit d’éclairer le jeune sur ses possibilités et ses choix d’avenir tout en évaluant l’efficacité de l’enseignement dispensé au collège. Une fois de plus, il est important d’évaluer la politique menée afin de mieux allouer les moyens. Parallèlement au primaire, le collège doit s’assurer de l’acquisition par l’écrasante majorité des élèves d’un socle de connaissances solides dans les matières fondamentales avant l’orientation définitive en filière professionnelle ou générale,

 

-          recentrer le collège et le lycée sur les matières fondamentales et leur vocation de lieu du savoir, de la culture et de l’effort en lieu et place des termes « lieux de vie » fréquemment évoqués. Les activités annexes (sorties, prévention routières, visites diverses,…) doivent répondre à des objectifs précis,

 

-          encourager l’étude régulière de textes classiques qui ont l’avantage de diffuser une véritable culture commune tout en évoquant souvent des valeurs et des centres d’intérêt liés à la vie en collectivité (tragédies grecques, peintures de la vie sociale et nationale à différentes époques,…). Il faut valoriser le savoir par rapport aux connaissances techniques car c’est le socle de culture générale qui, paradoxalement, permettra à l’individu de s’adapter tout au long de son parcours professionnel. La formation « technique » est davantage du ressort de l’entreprise ou de l’administration concernée car elle évolue rapidement et doit « coller » au terrain,

 

-          faire connaître la Constitution. Faire prendre conscience, dans le cadre de l’éducation civique, que le respect de la loi librement consentie est cette discipline collective qui permet de sortir de la barbarie et / ou de la tyrannie en protégeant les faibles contre les forts. Vivre en démocratie est un immense privilège jamais définitivement acquis. En complément de l’éducation au sens large du terme, la richesse des débats et le respect de la loi sont, dans nos sociétés occidentales, des exigences cardinales,

 

-          refaire du collège et du lycée des lieux d’orientation et non uniquement des sas vers l’Université. Les 65% de jeunes qui actuellement sortent des universités sans diplômes ne sont peut être pas loin de correspondre aux 65% qui antérieurement entamaient une voie professionnelle. En outre, une orientation plus précoce dans le secondaire permet de faire jouer, plus facilement, l’ascenseur social car il y a une relation directe entre l’enseignant et les élèves dans une classe de 30 individus. Cette relation ne peut exister dans des facultés surchargées. C’est en partie pour cela qu’avec seulement 15% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat dans les années cinquante, on retrouvait néanmoins 30% d’étudiants issus des milieux ouvriers et d’employés dans les grandes écoles, contre à peine 10% aujourd’hui. Repousser cette orientation dans l’anonymat des facultés ne permet plus ce lien direct entre l’élève et le professeur qui nous a valu l’émergence de tant de talents. Albert Camus a ainsi été repéré et suivi par son instituteur qui a réussi à faire éclore ses capacités en dépit de son milieu difficile. Il suffit souvent d’une main tendue et d’un suivi de proximité pour déceler des qualités qui peuvent être engourdies par un milieu peu favorable. Nos enfants des campagnes de l’entre-deux-guerres n’étaient pas plus favorisés matériellement et socialement que nos jeunes actuels des quartiers dits « sensibles ». Pourtant l’Ecole réussissait dans des classes aussi voire plus nombreuses à faire émerger des talents dans des domaines très divers grâce à ce travail de repérage, d’encouragements et de suivi menés dans le primaire et dans le secondaire. L’université ne doit pas être un passage mais une finalité après cette orientation menée à travers des liens de proximité,

 

-          entériner l’orientation au lycée entre filières professionnelle et générale en insistant sur le fait que toutes les filières doivent être valorisées de manière identique dans la mesure où elles sont toutes utiles au pays,

 

-          renforcer les liens entre la série du baccalauréat et la poursuite des études. On est passé de trois baccalauréat au début des années soixante à vingt-sept aujourd’hui toutes spécialités confondues. L’enseignement supérieur s’est également diversifié. Or, on observe une absence quasi-systématique de prise en compte des études secondaires en première année de l’enseignement supérieur, tant de la part des étudiants que des établissements d’accueil. Les enseignants, face à ce public hétérogène, doivent souvent reprendre beaucoup de choses à zéro. Le nombre d’échecs au cours du premier cycle nous pousse à chercher d’autres solutions. L’une d’entre elle consisterait à réduire le nombre de baccalauréats qui seraient tous assis sur le socle de compétences fondamentales associé à la scolarité obligatoire. Une palette d’options correspondant à la plupart des filières du supérieur serait offerte à l’issue de la seconde. Ce système se doublerait d’un niveau plancher, évalué au baccalauréat, nécessaire pour entrer dans une filière donnée (10 de moyenne en langues vivantes pour entrer dans la faculté correspondante par exemple),

 

-          à côté de la réussite professionnelle et individuelle, il faut mettre en avant et faire la promotion de la notion d’élite comportementale. La réussite individuelle et matérielle ne doit plus apparaître comme le modèle unique. Le dévouement, le désintéressement au profit de la collectivité doivent être respectés, valorisés afin d’apparaître comme une « aristocratie républicaine » d’autant plus louable qu’elle est accessible à tous.

 

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