Les Echos, le
07 avril 2009.
C'est la formule la plus classique. Sur les traces de l'Essec, une quarantaine de grandes écoles " tutorent " des lycéens de ZEP, enclins à s'autocensurer face à ces formations élitistes. Environ 4.000 élèves sont déjà passés par ce programme : aujourd'hui, 19 % sont en prépa, 29 % à l'université, 12 % en IUT ou BTS et 35 % en grande école. " Leur parcours scolaire se passe bien ", constate Chantal Dardelet, responsable du programme à l'Essec. " Toutefois, il y a eu des abandons en prépa. Nous réfléchissons donc, avec les responsables de ces classes, au moyen d'adapter ces cursus. " D'où l'idée de développer du soutien scolaire pour ces jeunes de milieu modeste qui ne peuvent pas s'offrir des cours privés ou de revoir les modes de notation en prépa (dont les notes très basses) qui découragent ces non-initiés. " Il ne suffit pas de les amener en prépa, il faut les coacher pour qu'ils réussissent les concours, sinon nous ferons des générations d'aigris ", confirme-t-on au ministère de l'Enseignement supérieur, où l'on pousse les prépas à se démocratiser. Outre la " labellisation " de partenariats lycée-école (" les cordées de la réussite "), le ministère a imposé des " contingents " de boursiers en prépa (23 % en 2008, 25 % en 2009, 30 % en 2010).
Le sujet, longtemps tabou, est dans l'air du temps. Le commissaire à la Diversité, Yazid Sabeg, a proposé de revoir les épreuves des concours d'entrée dans les grandes écoles, en pondérant différemment les épreuves de culture générale et de français, qu'il juge socialement discriminantes. Et Sciences po, après avoir ouvert une brèche avec sa procédure réservée aux lycées ZEP, s'interroge sur l'existence même de son concours de première année, qui assure un recrutement peu diversifié socialement.
Pour les écoles qui recrutent après une prépa, la problématique est un peu différente. " La prépa lisse un peu le niveau : les élèves des milieux modestes obtiennent presque les mêmes notes aux concours ", constate Chantal Dardelet. A deux exceptions près : ils échouent davantage dans les meilleures écoles et sont moins performants dans les langues. L'Essec réfléchit donc à réformer cette épreuve.
Le ministère veut aussi encourager les prépas au sein des universités (quatre expérimentations à la rentrée) et les classes réservées aux bacheliers technologiques (une soixantaine en France).
L'accès aux écoles reste onéreux, mais les établissements mettent aussi les bouchées doubles. Les " petites " écoles de commerce (Amiens, Chambéry...) ont été les premières à instaurer la gratuité des concours pour les boursiers. Résultat : jamais les inscriptions aux concours n'ont été si nombreuses. Reste la délicate question du financement de la scolarité. HEC vient de franchir un nouveau cap dans ce domaine (lire ci-dessus). A l'Essec, 35 % des élèves sont apprentis et 30 % bénéficient de bourses.
Acteurs :
Roger Benvenuti
Retraité
Eric Borderie
Ingénieur dans les télécommunications
Jean-Jacques Ceroux
Sapeur pompier
Yannick Coudert
Ingénieur
Christophe Engrand
Libraire à la retraite
Vincent Gelé
Sapeur pompier
Patrice Huiban:
Officier supérieur de l'armée de Terre
Josette Labat :
Retraitée
François Le Vely :
Yann Loupp :
Professeur de Physique, organiste
Pierre Merlin :
Retraité
André Montagne :
Enseignant
Stéphane Reynaud :
Chef d'entreprise
Hugues Roussel :
Soutiens :
Jacqueline de Romilly, de l'Académie française
Héléniste de renommée internationale, première femme professeur au Collège de France, première femme à l’Académie des Inscriptions et des Belles Lettres, auteur de nombreux ouvrages sur l'enseignement.