La France bénéficie d’une relativement bonne démographie lui permettant de pratiquement assurer le renouvellement des générations et un fort taux d’accroissement de sa population. Toutefois, ce constat, pour qu’il soit une bonne nouvelle en soi, doit s’accompagner d’une formation efficace des jeunes. Sur ce principe, des pays d’Asie du sud-est ont pu concilier une forte croissance démographique avec un développement de l’économie et du niveau de vie grâce à un système scolaire transformant cette jeunesse en une main d’œuvre qualifiée et une population unie par des valeurs sociétales fortes. A l’inverse, dans des pays d’Afrique noire, la forte croissance démographique ne suffit pas à aider au développement en raison d’une Ecole insuffisamment performante.

L’Enseignement est ici entendu comme un processus permettant à l’enfant et à l’adolescent de se préparer à une vie professionnelle tout en évoluant au sein d’une collectivité dont il connaisse, comprenne et partage les valeurs.

L’avenir de la France à moyen et long termes est donc intimement lié à son système éducatif. Ce dernier doit non seulement qualifier tous les jeunes mais également perpétuer des valeurs communes prégnantes et un esprit critique gagés par une égalisation des chances au regard des avantages ou « handicaps » liés à l’environnement géographique, social et culturel de l’enfant.

Au regard de cet objectif, quelle est la situation de l’enseignement en France ? Pour tenter d’apporter quelques éléments de réponse, ce document met tout d’abord en lumière quelques chiffres clés qui démontrent une certaine crise de notre système éducatif. Ensuite, il essaie de définir plusieurs pistes de réformes issues de la réflexion personnelle des membres du groupe de travail, réflexion mûrie par l’expérience et les lectures variées de chacun.

Propositions de "L'Elan Nouveau des Citoyens"

Samedi 5 avril 2008

La croix.com, le 03-03-08

Mal notée, la France se recentre sur les "fondamentaux"


Le ministre de l'éducation Xavier Darcos veut d'ici à 2012 diviser par trois le nombre d'élèves sortant du primaire avec de graves difficultés

Certains de ses prédécesseurs avaient feint d’ignorer les classements internationaux, du moins d’en minimiser la portée. Xavier Darcos, lui, a préféré encaisser le coup et prendre appui sur ces comparaisons peu flatteuses pour mieux faire accepter sa volonté de réforme. Le ministre de l’éducation nationale – qui, diront ses détracteurs, n’est pas totalement étranger aux mauvaises notes de la France puisqu’il a notamment occupé, de 2002 à 2004, le fauteuil de ministre délégué à l’enseignement scolaire – a même pris les devants en rendant publics, lors d’une interview radio, en novembre dernier, les résultats de l’enquête PIRLS 2007, tout aussi défavorables que ceux de l’enquête Pisa et qui viennent confirmer un rapport alarmant du Haut Conseil de l’éducation paru fin août.

Le ministre l’admet donc volontiers : la France peut mieux faire. Et pour cela, Xavier Darcos veut attaquer le mal à la racine, autrement dit dès l’école primaire, avec un recentrage sur les " fondamentaux " que constituent les mathématiques et le français. " Quand on ne sait pas lire, quand on ne comprend même pas les intitulés des sujets, on ne peut s’en sortir dans aucune matière ", insiste-t-on rue de Grenelle.

" Le risque, c’est un retour de balancier qui vienne réduire l’importance accordée à l’enseignement de l’histoire-géographie et des sciences ", réagit Gilles Moindrot, le secrétaire général du SNUipp, qui observe par ailleurs avec scepticisme la volonté affichée par le ministère de privilégier à nouveau le calcul mental et la mémorisation de certains savoirs. " Ce n’est pas parce qu’on apprend par cœur des règles de grammaire qu’on est à même de les appliquer ", dit-il.

Des stages de remise à niveau gratuit pour les CM1 et CM2

Annoncée par Nicolas Sarkozy à la mi-février puis précisée une semaine plus tard par Xavier Darcos, la réforme du primaire prévoit en tout cas de nouveaux programmes, mais aussi un bouleversement des emplois du temps. Plus de cours le samedi matin dès la rentrée prochaine. Les deux heures d’enseignement hebdomadaires ainsi " libérées " seront mises à profit par les professeurs pour aider (le reste de la semaine, pendant la pause de midi ou en soirée) les élèves les plus en difficulté à combler leurs lacunes.

En CM1 et CM2, les enfants à la dérive, dont les familles, bien souvent, n’ont pas les moyens de solliciter des organismes de soutien scolaire, se verront dès à présent proposer gratuitement des stages de remise à niveau pendant les vacances de printemps et d’été. Ces sessions seront animées par des enseignants volontaires, rémunérés sous forme d’heures supplémentaires. " Une vraie fausse bonne idée ", tempère Luc Bérille, le secrétaire général du syndicat SE-Unsa, qui craint que ces stages d’une semaine ne s’avèrent, dans bien des cas, contre-productifs.

" Ils risquent de priver les enfants d’une phase de récupération d’autant plus précieuse que les élèves en difficulté sont ceux qui se fatiguent le plus rapidement. Les résultats escomptés ne seront pas forcément au rendez-vous, car les stagiaires risquent de passer l’essentiel de la semaine à s’adapter à des méthodes pédagogiques différentes de celles qu’ils connaissent le reste de l’année ", commente-t-il.

Pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé, la division par trois, en cinq ans, du nombre d’élèves quittant l’école primaire avec de graves difficultés, Xavier Darcos entend aussi soumettre les enseignants à une évaluation indirecte, prenant en compte, au niveau du CE1 et du CM2, les résultats de sa classe et ceux de son établissement. Une enquête nationale sera lancée en ce sens, dès l’an prochain, pour faciliter les comparaisons.

Denis PEIRON

Le gouvernement a compris, comme l'avait souligné le groupe de travail, la nécessité de traiter l'échec scolaire et la faillite de l'ascenseur social à la racine et non dans le secondaire où le décrochage est trop grand. L'idée est de compenser les "handicaps" sociaux et environnementaux de l'enfant par un soutien individualisé en plus des horaires de classe.

Cependant, le principe évoqué d'évaluation en CE1 et CM2 de l'efficacité du service public de l'enseignement doit être précisé. Le pôle jeunesse a suggéré un examen national en CM2 qui n'aurait pas pour but direct de statuer sur le passage en 6e, mais qui devrait vérifier l'acquis des fondamentaux par la grande majorité des enfants entrant au collège. En fonction des résultats locaux et nationaux, des mesures pourraient être prises à l'échelon central mais surtout local pour adapter et améliorer les approches pédagogiques tout comme l'aménagement du temps scolaire.
Affaire à suivre donc...


Patrice HUIBAN.

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelle récente
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Samedi 5 avril 2008

France culture.com, le 30-03-08

Dans l'émission "Et pourtant, elle tourne" diffusée sur France Inter le vendredi 21 mars, Jean-Marc Four et Dominique André s'intéressait à l'enseignement de la langue française en Chine. On apprenait ainsi que le Français est la deuxième langue étrangère préférée des étudiants chinois après l'Anglais, qui demeure la langue de prédilection des businessmen chinois (le Français est donc leur deuxième langue dans les milieux d'affaires).

Selon les estimations de l'Alliance française, entre 50 et 70000 étudiants chinois apprennent le Français dans les établissements supérieurs et secondaires, et via le réseau de l'Alliance Française en Chine. 80% des professeurs de français en Chine sont de nationalité chinoise car le budget consacré par la France à l'enseignement du Français en Chine a baissé. Mais, pour ne pas changer, les Chinois s'en sortent très bien seuls : les ressources et l'expertise chinoises sont impressionnantes, comme en témoigne le Professeur Dong de l'Université de Pékin (celle de l'élite chinoise, la plus ancienne et la plus prestigieuse), qui s'exprime dans un Français quasiment parfait (auquel Didier Lucas lui-même ne renâclerait point). Citant Balzac et Molière, ledit Monsieur Dong relate donc que les Chinois s'intéressent aux grands auteurs français, massivement traduits dans leur langue, ce qui contribue à l'exportation de la culture française en Chine. Cet attrait pour les langues étrangères trouve son origine dans le fait que l'Empereur Mandchou souhaitait disposer de fins linguistes pour mieux connaitre l'étranger. Force est de féliciter les Chinois qui, depuis, n'ont jamais abandonné ce courage et cette ambition de maitriser une langue éloignée de la leur. Peut-on en dire autant de nous autres...? Et, justement, le Professeur Dong de conclure, avec une fierté assumée, que les Chinois francophones travailleront soit pour le gouvernement chinois, soit pour des sociétés étrangères, soit pour.... les sociétés chinoises qui s'implantent de plus en plus en France ou en Afrique ! En somme : nous exportons certes notre culture et notre langue, mais il faut avoir à l'esprit que celles-ci sont également une arme dans la guerre économique. Reste le tourisme pour nous consoler puisque la France est la destination (touristique) préférée des Chinois.

E.S.

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelle récente
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Dimanche 30 mars 2008

La Tribune.fr, le 25-03-08

Chronique Economie

Le mirage du financement privé des universités

Les financements privés de l'enseignement supérieur et de la recherche ne doivent pas être négligés, ils peuvent contribuer utilement dans quelques domaines. Mais ils n'aideront que marginalement à résoudre le sous-financement chronique des universités, estime Jean-Marc Schlenker, mathématicien, professeur à l'université Toulouse III.

La France souffre d'un net sous-investissement dans l'enseignement supérieur, et surtout dans les universités. En 2006, la dépense moyenne par étudiant dans l'enseignement supérieur était inférieure à 9.000 euros, beaucoup moins que ce qu'elle est chez la plupart de nos partenaires (nettement plus du double en Suisse ou aux Etats-Unis). Cette moyenne recouvre des réalités très variées: la dépense annuelle par étudiant est élevée dans les classes préparatoires (13.940 euros) mais plus faible dans les universités (7.840 euros) que dans les lycées (10.320 euros).

L'enseignement supérieur a d'ailleurs été mis en avant par la commission Attali comme le seul domaine où les dépenses publiques doivent nettement augmenter. Parallèlement, la réforme en cours de la recherche académique sera difficile sans une augmentation au moins temporaire de ses moyens. Par comparaison avec d'autres pays, par exemple les Etats-Unis, ce sont les financements privés qui manquent cruellement aux universités françaises. Les caisses de l'Etat sont vides - ou d'autres dépenses sont prioritaires - et l'appel à la contribution des étudiants, sous la forme de frais d'inscription nettement augmentés, semble exclu au moins à court terme pour des raisons politiques.

Une solution simple a déjà été prévue dans la loi: créer des fondations pour faire largement appel aux dons privés, en particulier ceux des entreprises. Cette idée séduisante risque malheureusement de trouver rapidement ses limites. Elle s'appuie sur des exemples étrangers mal analysés et sur la généralisation abusive de situations spécifiques.

Dans une vision économique classique, les entreprises n'ont pas vocation à participer sans contrepartie au financement de l'enseignement supérieur. Pour reprendre l'exemple des Etats-Unis, ce sont moins les entreprises que les particuliers qui donnent généreusement aux universités; le nouveau bâtiment du département d'informatique de l'université de Stanford a été offert par Bill Gates, et non par

Microsoft.

D'après la National Science Foundation, en 2003, les entreprises finançaient 17% de la recherche fondamentale aux Etats-Unis, mais seulement 5% de celle conduite dans les universités (qui représente pourtant l'essentiel du total), et, plus étonnant peut-être, seulement 6% de la recherche appliquée universitaire.

Il existe bien sûr des cas où des entreprises peuvent trouver intérêt à investir fortement soit dans la recherche académique, soit directement dans des formations. De larges pans de la recherche appliquée peuvent ainsi faire l'objet de contrats avec des entreprises intéressées par les résultats, même si un poids trop important de ces financements peut parfois nuire à l'indépendance et à la crédibilité de la recherche.

Dans quelques cas isolés, un groupe d'entreprises peut aussi souhaiter participer à travers des fondations ou des chaires au financement de formations spécialisées qui les aideront dans leurs recrutements futurs, par exemple dans le domaine de la finance. Mais ces cas restent marginaux au regard de l'ensemble de l'enseignement supérieur.

Si on reprend l'exemple des Etats-Unis, il faut rappeler que ce sont essentiellement les particuliers qui contribuent par leurs dons au financement des universités. L'extension de ce modèle à la France se heurte à de sérieuses difficultés, relevant peut-être de la pression fiscale et plus profondément de différences culturelles qui rendent plus difficile le mécénat sous toutes ses formes.

Il existerait un moyen de développer largement le mécénat des entreprises ou des particuliers: lui associer des déductions fiscales proches de 100% des dons consentis, ce qui reviendrait à laisser les contribuables fortunés ou les sociétés attribuer d'importantes sommes d'argent public.

On pourrait craindre d'encourager par là non pas la rénovation nécessaire du paysage français de recherche et d'enseignement supérieur, mais, au contraire, le renforcement des établissements existants en fonction du pouvoir de leurs anciens élèves, sans rapport avec la qualité ou la reconnaissance internationale de leurs formations et de leurs équipes de recherche.

Les financements privés de l'enseignement supérieur et de la recherche académique ne doivent pas être négligés, ils peuvent contribuer utilement dans quelques domaines proches d'entreprises contributrices. Mais ils n'aideront que marginalement à résoudre le sous-financement chronique des universités. Toute solution durable devra conjuguer une plus grande contribution de l'Etat et une rationalisation du système, en particulier par le rapprochement des organismes de recherche et de l'enseignement supérieur.


Jean-Marc Schlenker, mathématicien, professeur à l'université Toulouse III

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Dimanche 17 février 2008
Libération, le 04-02-08

Enseignants : une revalorisation qui a tout pour déplaire Education. Tollé des syndicats après des fuites sur le rapport de la commission Pochard.

 Créée pour remédier au malaise enseignant, la commission Pochard risque fort de l’aggraver. Après avoir auditionné une cinquantaine d’experts et de syndicalistes, son président, le conseiller d’Etat Marcel Pochard, rend aujourd’hui son rapport, le livre vert. Les grandes lignes qui ont filtré ont déjà provoqué une levée de boucliers du milieu enseignant. "Une vraie provocation", a jugé le Snes, premier syndicat du secondaire. "Un risque de casus belli", a averti le Snalc, classé lui plutôt à droite. Composée d’une dizaine de personnalités - l’économiste Eric Maurin, le professeur au Collège de France Antoine Compagnon ou le directeur de l’Institut Montaigne Philippe Manière -, cette commission a été mise en place le 24 septembre par le Premier ministre Fançois Fillon. Elle a été chargée de formuler des propositions pour revaloriser une profession qui se sent dévaluée, en termes de salaires mais aussi de prestige et d’autorité. Le ministre de l’Education Xavier Darcos reprendra ensuite les mesures qu’il juge les plus intéressantes dans un livre blanc. Le pré-rapport, daté du 25 janvier et disponible sur le site www.cafepedagogique.net, met en évidence une série de blocages et avance des solutions plus ou moins novatrices. Retour sur quatre points qui focalisent les critiques.

Des profs rémunérés à la "performance"

Le texte rappelle que "la rémunération brute moyenne des enseignants du premier degré s’élève à 1 900 euros par mois et à 2 700 euros pour le second degré", après souvent cinq années d’études supérieures et plus. Mais il indique aussi que hormis les débutants, les enseignants n’ont pas vu leur pouvoir d’achat baisser plus que les autres. La commission doit en outre travailler "à moyens constants" et doit être économe.

Si la notion de "mérite" est fréquemment évoquée, elle n’est pas citée comme critère d’évaluation. On préfère parler de "performance". Le distinguo est subtil mais explosif. Pour avoir suscité la confusion dans une interview, l’ex-Premier ministre Michel Rocard a démissionné de la commission. Mais comment évaluer la "performance" ? Plusieurs pistes sont avancées : un rôle accru des chefs d’établissement, des inspections plus régulières…

Un coup de pouce est toutefois envisagé pour les débutants (payés 1,3 fois le smic) sous forme d’une prime ou de l’attribution d’un ordinateur. L’accès à la "hors classe" - l’indice le plus haut - pourrait aussi être élargi. "Mais comment revaloriser une profession sans dégager des moyens ?", commente Gérard Aschieri, président de la puissante fédération FSU qui réclame que tous aient accès au "hors classe".

Un temps de travail plus flexible

Il est défini en France par le temps de présence devant les élèves (ou "temps de service"): dix-huit heures par semaine pour les capésiens, quinze pour les agrégés. A côté, ils ont de multiples tâches - préparation des cours, corrections, rencontres avec les parents, etc - non comptabilisées. La commission propose de les lister. Et de payer en plus (les fameuses heures sup) les "activités complémentaires". Mais c’est assez confus. Elle propose aussi une annualisation du temps de travail, ce qui permettrait plus de flexibilité : l’enseignant pourrait travailler plus une semaine pour rattraper une période d’examen. Les syndicats y voient un moyen de faire travailler plus sans gagner plus. Le texte évoque la possibilité de fixer un temps de présence mais sans insister. Les syndicats y sont hostiles. De plus, les locaux manquent, les salles de profs étant trop exiguës. Il prévoit aussi une carrière plus "mobile". Avec des possibilités de reconversion, des recrutements qui pourraient être locaux et une plus grande ouverture aux jeunes des milieux défavorisés qui seraient "pré-recrutés" (leurs études payées). Il recommande aussi de ne plus envoyer systématiquement les débutants dans les collèges les plus durs.

Le retour de la bivalence

Le rapport propose d’encourager l’enseignement de deux matières, pour une gestion plus souple du personnel. Or les enseignants, en France, sont particulièrement attachés à leur discipline. La bivalence est une question ultrasensible. L’ex-ministre de l’Education Gilles de Robien, qui avait voulu la généraliser, avait affronté une vague de protestations. Pour le syndicat SE-Unsa, c’est la marque de la dérive "managieurale" du rapport, un moyen d’ajuster au plus près des effectifs appelés à baisser chaque année - 11 200 postes sont supprimés à la rentrée 2008. Le texte préconise que les enseignants des lycées professionnels - les seuls à être déjà bivalents - puissent aller en collège. Darcos ayant décidé de réduire la préparation du bac pro de quatre ans à trois ans, de nombreux profs vont se retrouver sur le carreau. Les enseignants bivalents, qui se concentreront sur l’acquisition du "socle des connaissances" (les bases), sont recommandés dans les collèges difficiles.

L’absence du primaire

"Comment sérieusement tenter de tracer les évolutions à venir du métier sans se pencher sur les 360 000 enseignants du primaire [45 % du total] qui exercent de la maternelle au CM2, soit huit ans sur les douze de scolarisation obligatoire ?" s’étonne Gilles Moindrot, secrétaire général du Snuipp, premier syndicat du primaire.

Beaucoup attendent les réactions du  ministre pour savoir s’il s’agit d’un énième rapport sur l’Education ou d’une source d’inspiration pour des réformes à venir. Dans ce cas ils se mobiliseront.

Les enseignants du primaire, quasiment absents du rapport, réclament eux aussi davantage de temps pour travailler en équipe. Le nombre moyen d’élèves par enseignant est supérieur à la moyenne de l’OCDE (19,4 contre 16,9) et les missions se multiplient. Cette absence du primaire est d’autant plus surprenante que le ministre en a fait son cheval de bataille : avec 15 % d’élèves en grandes difficultés à la fin du CM2, il est désormais considéré comme le maillon faible du système.

VÉRONIQUE SOULÉ.
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Dimanche 17 février 2008
Aude Sérès, le 15-01-08.

Les manuels scolaires
d'économie en accusation.

La représentation des mécanismes économiques dans les livres de cours des lycéens peut parfois surprendre, comme ici dans des ouvrages de l'éditeur Magnard (voir photos ci-dessous). (F. Chastan/Magnard).

Vision négative de l'entreprise, contenus peu ou pas contrôlés... les manuels d'économie vont faire l'objet d'un audit lancé par le ministre de l'Éducation nationale.

Déjà vive la polémique autour de l'enseignement de l'économie n'en finit pas de rebondir. Aussi Xavier Darcos a décidé de lancer début février un audit externe sur les manuels et les programmes d'économie au lycée. La commission sera présidée par Roger Guesnerie, titulaire de la chaire de théorie économique et organisation sociale au Collège de France.

La tension, relayée par le monde de l'entreprise, montait depuis quelque temps. Jusqu'au coup de sang récent de l'ex-premier ministre socialiste Michel Rocard, qui est allé jusqu'à qualifier de "catastrophe ambulante" l'enseignement de cette matière, qu'il rend "responsable du blocage du dialogue social dans notre pays". En cause, la vision négative du monde de l'entreprise qui serait véhiculée depuis des années par l'Éducation nationale. Édités par Nathan, Bordas, Magnard, Bréal ou encore Hatier, les manuels d'économie sont en principe le reflet du programme. Mais l'Éducation nationale n'impose pas de contraintes et ne peut de toute façon pas en contrôler le contenu. En son temps, Claude Allègre avait déjà tenté de s'attaquer à cette question.

"En réalité, les éditeurs ont intérêt à respecter le programme s'ils souhaitent que les manuels soient achetés", souligne Jean Étienne, doyen des inspecteurs généraux des sciences économiques et sociales. Par ailleurs, alors que la concurrence est grande sur ce marché, les éditeurs s'adaptent à ce qu'ils estiment être la demande des enseignants en matière de tonalité des contenus. Jean Étienne admet ainsi que "la microéconomie est sous-représentée dans les programmes". Pour preuve : en classe de seconde, avant même de parler du monde de l'entreprise, un ouvrage comme Magnard consacre une trentaine de pages à la précarité et au chômage. À peine évoquées en seconde, les relations sociales au sein de l'entreprise sont principalement développées en première puis en terminale. Mais le plus souvent étudiées à travers les conflits sociaux que les différents ouvrages valorisent pour faire évoluer le sort des salariés.

En outre, ces mêmes manuels reflètent une image assez étatique de l'économie. Pour Hatier, les pouvoirs publics doivent "remédier aux défaillances du marché". Soit près de 70 pages contre à peine une trentaine pour l'entreprise , quelques pages dans l'ouvrage de Magnard… Agrémenté de caricatures parfois savoureuses sur les patrons et les actionnaires. L'économie de marché n'est pas non plus épargnée. Éditeurs et enseignants se défendent : l'économie n'est pas une science exacte et les enseignants peuvent être les tenants de telle ou telle école de pensée.

Étude du marché... du tatouage

Autre exigence, le manuel doit être un outil pédagogique attrayant pour les élèves. Faut-il pour autant débuter l'année de première par un long dossier sur l'économie du... tatouage, comme Hatier, ou encore prendre l'exemple de la drogue comme marché organisé… "Les manuels scolaires ne sont qu'un des supports d'enseignement, explique Sylvain David, président de l'Association des professeurs de sciences économiques et sociales. Je travaille beaucoup sur des documents de l'Insee, mais aussi avec des articles d'actualité." Il estime passer du temps sur l'entreprise. De leur côté, les parents d'élèves s'étonnent. "Le professeur de ma fille lui a demandé de s'abonner à Alternatives économiques, un journal très critique vis-à-vis de l'économie de marché et du monde de la finance , alors même que son frère était lui aussi déjà abonné, elle a eu du mal à en être exemptée…", explique une mère d'une lycéenne de première.

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Jeudi 27 décembre 2007
Par Philippe Rodet - Publié dans : Nouvelle récente
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Samedi 22 décembre 2007

Le Figaro.fr, le 17-12-07

10 000 enseignants changent de métier chaque année.

Ils restent cependant peu nombreux à tenter l’aventure hors de la fonction publique.

Stressés, démotivés ou trop peu payés à leur goût, les enseignants pensent parfois à changer de vie professionnelle. Selon une étude de Raymond-Philippe Garry, directeur d’un institut de formation des maîtres, 10 % à 12 % des professeurs souhaitent quitter l’Éducation nationale à un moment de leur carrière. Peu franchissent le pas. Moins d’une dizaine de milliers sur un total de huit cent mille enseignants changent de métier chaque année, un chiffre stable, selon le ministère de l’Éducation nationale.

D’autant qu’une majorité reste malgré tout dans le giron de l’administration : ils décident de travailler comme éducateur en prison, passent les concours d’inspecteur ou de proviseur. Parmi ceux qui restent dans le public, à peine quelques dizaines quittent le ministère. Car seules une quarantaine de places leur sont directement réservées chaque année depuis 2003 dans les autres administrations. Les autres sont obligés de passer des concours. L’association Aidoprofs , qui appuie les enseignants cherchant à se reconvertir, estime que la méfiance est grande à leur égard : "Les clichés ont la vie dure. On les juge peu adaptables, peu performants", explique l’un des fondateurs de l’association... lui-même professeur reconverti. Autre écueil : quelque 75 % des enseignants qui se renseignent auprès de l’association se ravisent rapidement. "L’Éducation nationale est un cocon, certains n’ont pas la culture d’entreprise. Quand on leur parle de productivité, de rémunération au mérite, ils préfèrent souvent remettre leur projet à plus tard", y note-t-on.

"Je ne m’épanouissais pas"

Quand les enseignants tentent une reconversion dans le privé, ils le font dans les domaines du patrimoine, de la culture ou du tourisme. "Le sujet de la reconversion est tabou en salle des profs", raconte Stéphanie, ancienne prof d’économie-gestion en zone d’éducation prioritaire, qui travaille désormais au conseil régional d’Ile-de-France : "Je ne m’épanouissais pas, j’avais l’impression d’être coupée du monde : ne travailler qu’avec des jeunes, ce n’est pas stimulant intellectuellement. J’éprouvais ra­rement un sentiment de satisfaction. Nous avons par ailleurs une image très dévalorisée à l’extérieur alors que c’est un métier dur."

Ancien professeur de lettres dans un lycée professionnel de Rouen, Gisèle a mis vingt ans avant de franchir le pas. Elle est désormais comédienne de théâtre : "Je gagne moins bien ma vie mais je ne regrette rien car j’avais fini par aller travailler en reculant." À 28 ans, Jean, ancien professeur de construction mécanique en région parisienne travaille depuis mars dernier comme technicien dans une entreprise de déformation des métaux à chaud. Il n’avait pas forcément envie de quitter l’éducation nationale mais c’était la seule façon pour lui de rejoindre sa femme à Toulouse, faute de mutation possible : "Ce n’est pas plus dur de travailler dans le privé, explique-t-il, même si on a plus d’heures à fournir dans la journée. L’enseignement est plus pesant psychologiquement."

Anne-Noémie Dorion.

Cette enquête confirme la nécessité évoquée par le groupe de travail de l'Elan Nouveau des Citoyens de diversifier le parcours professionnel des enseignants et de mieux récompenser les dévouements individuels et/ou locaux.

Patrice HUIBAN.

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Samedi 22 décembre 2007

Le Figaro.fr, le 18-12-07

Ce que coûte un élève de la maternelle au bac

La dépense moyenne par élève et étudiant est supérieure de 11,5% à la moyenne des pays de l’OCDE.

Chères têtes blondes. Les dépenses liées à l’éducation ont représenté l’an dernier 121,4 milliards d’euros, soit 1920 euros par Français ou 7168 euros par élève ou étudiant, selon une note que vient de publier la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) du ministère de l’Éducation nationale.

Depuis 1980, cette dépense globale a presque doublé en euros constants, avec une accélération au début des années 1990. Plusieurs facteurs expliquent cette envolée : l’ac­croissement du nombre d’élèves et d’étudiants, mais également l’augmentation des filières les plus coûteuses et enfin les revalorisations salariales des enseignants. Les dépenses de personnel constituent plus des trois quarts de la dépense globale.

Enfin, le transfert des compétences en matière de collèges et de lycées aux collectivités locales a entraîné de lourdes dépenses pour ces dernières afin de rénover les locaux au début des années 1990.

Au total, les dépenses liées à l’éducation sont relativement stables depuis 2002, et progressent moins vite que le produit intérieur brut, dont elle représente 6,8 % en 2006. Cette année-là, la scolarité d’un bachelier général ou technologique n’ayant jamais re­doublé coûterait 102 080 euros. "Si l’on prend en compte les redoublements les plus fréquemment rencontrés dans ces diverses scolarités, la dé­pense moyenne par élève est augmentée de 7 % pour le baccalauréat professionnel et de 6 % pour la licence", note les experts de la Depp. Or, plusieurs experts reconnaissent que le redoublement n’est pas la panacée, loin de là.

Tous niveaux confondus, notre système est plutôt économe comparativement pour les élèves de maternelle et de primaire, la tendance s’inversant pour les collèges et les lycées. La France dépense en revanche moins dans le supérieur que ses partenaires de l’OCDE.

Les lycéens sont les champions toutes catégories de la dépense : dans son rapport "Regards sur l’éducation 2007", l’OCDE constate qu’un collégien coûte 13 % de plus en France que dans la moyenne des pays de l’OCDE et un lycéen plus de 26 %.

Des salaires moins élevés

Les experts de l’OCDE pointent du doigt le nombre d’heures de cours au lycée et la multiplication des options, en particulier pour les filières professionnelles et technologiques. Un jeune Français de 15 ans suit au total 1 147 heures de cours par an, contre 968 heures pour la moyenne des pays de l’OCDE. À titre de comparaison, les jeunes Anglais ont 950 heures de cours et les Allemands 897 heures.

Or, les enseignants français ont en revanche un nombre d’heures de cours devant les élèves inférieurs à la moyenne, leurs salaires étant en règle générale moins élevés que ceux de leurs collègues étrangers. "Au total, le ratio d’élève par enseignant dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire est de 10 en France contre 13 pour la moyenne OCDE", explique Éric Charbonnier, de l’OCDE. Des éléments qui apportent du grain à moudre à la volonté de réforme de Xavier Darcos, qui prépare après l’école primaire une refonte de la scolarité au lycée et veut réformer la condition enseignante.

D’autant que cette mouture 2007 du coût de l’éducation nationale intervient quelques semaines après la publication de deux en­quêtes internationales, l’une en lecture l’autre en culture scientifique, inquiétantes pour le niveau des élèves français.

L’enquête Pirls, qui mesure les performances en lecture des élèves âgés de 9 à 10 ans, place les petits Français dans les six derniers européens. Pour la culture scientifique des élèves de 15 ans, la France se situe entre la 16e et la 21e place de l’OCDE.

Aude Sérès.

Cette enquête de l'OCDE confirme les constats et recommendations faits par le groupe de travail "jeunesse" de l'Elan Nouveau des Citoyens (document téléchargeable à partir de l'entête de ce blog). En effet, un gros effort budgétaire a été consenti ces vingt dernières années au profit du collège et du lycée. Pourtant, les résultats sont extrêmement préoccupants. Un effort doit être mené au profit du primaire car c'est là que la méritocratie et donc la cohésion sociale se grippent. De façon symétrique, une refonte de l'enseignement supérieur est également impérative afin d'assurer cette fois la compétitivité de l'économie française à moyen et long termes. Mais attention, cet effort ne doit pas être exclusivement budgétaire. L'unique culture des moyens a trop coûté à la collectivité depuis vingt-cinq ans dans le domaine de l'Education sans réelles retombées positives pour la collectivité. IL faut adosser à ces moyens une culture de l'évaluation et des résultats !

Patrice HUIBAN.

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelle récente
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Samedi 22 décembre 2007

Chine-informations.com, le 10-12-07

Pourquoi la France fait-elle rêver les étudiants chinois ?

De plus en plus de jeunes chinois débarquent en France afin d'y poursuivre leurs études. Si les bonnes relations franco-chinoises favorisent cette tendance, c'est avant tout par sa réputation que l'hexagone séduit tant en Chine.

Depuis plusieurs années, les effectifs des universités françaises ont pris une légère coloration chinoise. La raison est simple : le pays de Lao Zi envoie de plus en plus d'étudiants vers la douce France. Et pour cela, pas besoin de forcer la main aux jeunes apprenants... Les candidats sont légions pour faire le voyage jusqu'à Paris, Marseille, Bordeaux ou toute autre ville française.

Une qualité de vie meilleure qu'en Chine

Il est courant de voir la jeunesse étudiante chinoise se tourner vers l'étranger dans l'optique de poursuivre ses études ou trouver un travail de qualité. Dans la liste des pays les plus attractifs, la France figure en très bonne place aux côtés des États-Unis et du Japon, sans pour autant avoir l'importance du premier ni l'avantage de la proximité du second.

Mais qu'est-ce qui attire donc les jeunes étudiants chinois en France ? Avant tout un rêve, celui d'une vie meilleure, dans un environnement idyllique. Les Chinois ont conscience de vivre dans un pays certes devenu moderne et puissant, mais qui a encore besoin de progresser en terme de qualité de vie.

Romantisme, mode, cosmétique, bonne cuisine, belles femmes et hommes charmants...

Hors vu de Chine, la France, tel une utopie, semble disposer de tout ce qu'il manque en Chine. Sur place, quand on parle de la patrie de Molière, on évoque romantisme, cuisine délicieuse, vêtements à la mode, parfums, belles femmes, hommes charmants ainsi qu'une langue perçue comme la plus belle au monde.

L'opportunité de venir en France est donc une chance que la plupart des Chinois ne veulent pas laisser filer, et cela ne concerne pas seulement les étudiants. Il suffit de passer une matinée devant les locaux de l'ambassade de France à Pékin pour s'en convaincre : il y a foule, chaque jour, devant le service des visas. Et certains, pour obtenir un précieux sésame, n'hésitent pas à présenter des documents falsifiés. Cela explique d'ailleurs à ce jour la complexité des dossiers de demande de visa ou de validation de mariages franco-chinois.

Une langue populaire mais chère

Pour les étudiants, le problème est encore différent. La réputation du savoir faire français et des universités locales sont une autre grande motivation pour les élèves chinois : plusieurs années d'études en France peuvent soit permettre un retour au pays avec les honneurs (et donc un travail de qualité), soit de s'installer durablement.

Mais il ne faut pas s'y tromper : si aujourd'hui le français est l'une des langues étrangères les plus populaires dans l'Empire du milieu, elle n'en est pas pour autant l'une des plus accessibles. Bien que les écoles soient nombreuses, et l'Alliances Française bien représentée, l'enseignement du français s'adresse, de par son coût, à des privilégiés.

En Chine, la langue de Molière est peut être celle dont les classes coûtent le plus cher aux apprenants chinois. A quelques exceptions près, le public se compose donc d'enfants issus de familles riches, lesquelles pourront souvent assumer plusieurs années d'études en France. Pour les moins favorisés, un poste de guide touristique, de professeur ou d'interprète à la fin des études sera un objectif plus accessible.

Nicolas Jucha pour C.I

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelle récente
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Dimanche 2 décembre 2007

Site Le Monde.fr, le 29-10-07

Xavier Darcos dévoile plusieurs aspects de la réforme de l'enseignement primaire

L'annonce par Xavier Darcos d'une réforme de l'enseignement primaire attendra encore "deux ou trois semaines", a indiqué, dimanche 28 octobre, l'entourage du ministre de l'éducation, qui venait de s'exprimer sur ce projet dans l'émission le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. Alors qu'elle était initialement prévue pour la fin octobre, le cabinet du ministre a fait valoir l'actuelle "poursuite du dialogue" avec les syndicats et souligné que cette annonce serait plus appropriée après les vacances de la Toussaint. Dans les trois zones du calendrier scolaire, celles-ci ont commencé le 27 octobre et s'achèveront le 8 novembre.

Lors de l'émission, M. Darcos a néanmoins donné plusieurs informations nouvelles. Les élèves de CM1 et CM2 "dont on voit qu'ils ne seront pas capables de suivre en sixième" se verront "proposer un stage de remise à niveau" durant les vacances de printemps ou d'été. Le ministre a indiqué que la dernière enquête du programme international de recherche en lecture scolaire sur les compétences des élèves en lecture et en écriture, dont les résultats seront publiés dans quelques semaines, devrait montrer une dégradation des résultats de la France : celle-ci passerait "dans les 6 dernières places sur 40" et serait désormais placée "derrière la Bulgarie".

"CLARIFIER" LES PROGRAMMES

Concernant les programmes, M. Darcos a indiqué qu'il voulait "concentrer les objectifs sur l'écriture, la lecture, la maîtrise de la langue". Selon lui, "on se disperse beaucoup" à l'école primaire et "il faudrait renoncer à cette manie qu'a l'école de s'occuper d'un peu tout ". "Il faut, a-t-il ajouté, faire de l'école un athlète et non plus un sumo". M. Darcos entend donc "clarifier" les programmes de sorte qu'ils tiennent "sur quelques pages", que "tout le monde les comprenne" et qu'ils puissent être remis aux familles. Il a souhaité "que la représentation nationale soit associée d'une manière ou d'une autre" à l'adoption de nouveaux programmes, "soit par les commissions spécialisées" des deux assemblées, "soit par des débats".

Enfin, M. Darcos a confirmé que les deux heures libérées en moyenne par la suppression du samedi matin, à partir de la rentrée 2008, resteront effectuées par les enseignants au cours de la semaine et seront consacrées aux 15% d'élèves en grande difficulté. La répartition de ces heures (deux fois une heure ou quatre fois une demi-heure) sera décidée "au niveau local".

Luc Cedelle

Le projet de réforme envisagé par Xavier Darcos est dans la droite ligne des mesures proposées par le pôle jeunesse de l'Elan dans son document consacré à l'Enseignement. En effet, ce groupe de travail avait suggéré de se concentrer sur le primaire avec effort sur les fondamentaux (civisme, lecture, écriture, calcul, histoire-géographie), cours supplémentaires pour les élèves en difficulté et évaluation du niveau atteint en CM2. Il faut ainsi passer d'une culture de moyens à une culture du résultat en laissant plus de latitude pédagogique au niveau local. En effet, les inégalités socio-culturelles pèsent dès les premières années de scolarisation et c'est là qu'il faut agir pour atténuer ces inégalités afin de faire de l'ascenseur social républicain une réalité pour beaucoup.

Patrice HUIBAN.

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Héléniste de renommée internationale, première femme professeur au Collège de France, première femme à l’Académie des Inscriptions et des Belles Lettres, auteur de nombreux ouvrages sur l'enseignement.

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