L'Enseignement

La France bénéficie d’une relativement bonne démographie lui permettant de pratiquement assurer le renouvellement des générations et un fort taux d’accroissement de sa population. Toutefois, ce constat, pour qu’il soit une bonne nouvelle en soi, doit s’accompagner d’une formation efficace des jeunes. Sur ce principe, des pays d’Asie du sud-est ont pu concilier une forte croissance démographique avec un développement de l’économie et du niveau de vie grâce à un système scolaire transformant cette jeunesse en une main d’œuvre qualifiée et une population unie par des valeurs sociétales fortes. A l’inverse, dans des pays d’Afrique noire, la forte croissance démographique ne suffit pas à aider au développement en raison d’une Ecole insuffisamment performante.

L’Enseignement est ici entendu comme un processus permettant à l’enfant et à l’adolescent de se préparer à une vie professionnelle tout en évoluant au sein d’une collectivité dont il connaisse, comprenne et partage les valeurs.

L’avenir de la France à moyen et long termes est donc intimement lié à son système éducatif. Ce dernier doit non seulement qualifier tous les jeunes mais également perpétuer des valeurs communes prégnantes et un esprit critique gagés par une égalisation des chances au regard des avantages ou « handicaps » liés à l’environnement géographique, social et culturel de l’enfant.

Au regard de cet objectif, quelle est la situation de l’enseignement en France ? Pour tenter d’apporter quelques éléments de réponse, ce document met tout d’abord en lumière quelques chiffres clés qui démontrent une certaine crise de notre système éducatif. Ensuite, il essaie de définir plusieurs pistes de réformes issues de la réflexion personnelle des membres du groupe de travail, réflexion mûrie par l’expérience et les lectures variées de chacun.

Propositions de "L'Elan Nouveau des Citoyens"

Dimanche 28 juin 2009

La Tribune.fr, 09-06-2009

Par Patrick Bertrand, directeur général de Cegid, et président de l'Association française des éditeurs de logiciels (Afdel).

La présentation faite à la fin 2008 par Eric Besson du Plan "France Numérique 2012", dont le point 3.4 a pour
thème "Accroître les usages du numérique dans l'enseignement", ainsi que l'annonce, fin novembre 2008, du ministre de l'Education Xavier Darcos, de l'allocation d'une enveloppe de 3 millions d'euros pour équiper les écoles en technologies numériques, démontrent que la volonté politique est déterminante pour faire évoluer les mentalités.

Afin de sensibiliser l'ensemble des parties prenantes du système éducatif sur l'importance de l'intégration des technologies de l'information dans la formation des jeunes, le rapport d'Eric Besson rappelle que "la maîtrise des technologies usuelles de l'information et de la communication est l'une des sept composantes du socle commun de connaissances et de compétences pour les contenus disciplinaires".

Ce pas en avant est important ! Cependant cette démarche ne peut se réduire au simple équipement technologique des établissements d'enseignement. Faire entrer les TIC (technologies de l'information et de la communication) à l'école, c'est aussi et surtout former les jeunes à l'utilisation des technologies qu'ils auront demain entre les mains pour exercer une profession. Dans ce cadre, le rôle des entreprises est essentiel.

En démontrant l'enjeu des technologies comme levier de performance au cœur de leur activité, les entreprises peuvent sensibiliser nos jeunes à l'importance de la maîtrise de ces technologies dans leur future vie professionnelle. En accueillant des étudiants en stage, les entreprises contribuent à leur apprendre un métier, certaines d'entre elles pouvant aller jusqu'à soutenir l'effort pédagogique des enseignants en mettant, notamment, à leur disposition les logiciels couramment utilisés dans les entreprises, et ce pour un apprentissage réel et concret.

Xavier Darcos soulignait, dans un récent entretien au Figaro, le divorce entre la société et l'école, du fait, entre autres, de la trop faible contribution des entreprises à l'enseignement. Par ailleurs, on constate un réel désenchantement lorsque la question, par exemple, de la finalité des apprentissages assurés par l'école est abordée. Mais dresser ces constats n'est plus suffisant aujourd'hui car il existe un consensus : tous les acteurs de la vie sociale et économique, y compris les milieux enseignants longtemps considérés comme réfractaires, s'accordent à reconnaître la nécessité d'impliquer les entreprises dans la formation de la jeunesse de notre pays.

Il est donc temps de passer aux actes ! Pour mener à bien sa mission, le système éducatif doit transmettre non seulement des savoirs génériques (lire, écrire, compter) et une culture générale (histoire, géographie, philosophie, littérature, sciences physiques, sciences du vivant...) mais il doit également sensibiliser les élèves et étudiants à la réalité du travail en entreprise. Parallèlement, les entreprises doivent, quant à elles, prendre conscience de leur rôle de "régulateur social" en contribuant activement aux actions du monde éducatif. Ainsi, il est nécessaire d'accélérer sur cette nouvelle voie de la coopération plus étroite entre écoles et entreprises, afin de faciliter l'intégration des jeunes. L'apprentissage des techniques est un levier de professionnalisation et il appartient à l'entreprise d'y contribuer largement par un partage de pratiques.

Fournir au système éducatif des outils professionnels, contribuer à la mise en œuvre de processus d'acquisition pratique et participer plus largement à des projets d'apprentissage : toutes ces actions constituent des leviers incontournables pour un enseignement innovant.

Le compagnonnage a très tôt compris la richesse d'une approche commune et d'un partage de pratiques entre professionnels et enseignants. Le tour de France des Compagnons est une référence en matière d'apprentissage pour les métiers artisanaux. Mais pourquoi continuer de cantonner cette "bonne pratique" aux métiers manuels ? Et pourquoi ne pas l'étendre aux cols blancs ! Les principes de l'apprentissage ne doit donc pas se limiter à quelques métiers. D'autres moyens sont exploitables, tels que faire travailler les jeunes directement sur les logiciels qu'ils utiliseront demain, par exemple.

Les structures éducatives les plus en avance et les plus en adéquation avec cette démarche sont sans doute les IUT et les écoles qui préparent à un BTS, car ces derniers l'ont inscrit depuis longtemps dans la finalité même de leurs enseignements. Les écoles de commerce et de management ont également suivi cette voie, disposant, quant à elles, de moyens financiers plus conséquents pour s'équiper.

Il est essentiel que cette démarche se généralise à l'ensemble des établissements scolaires, du primaire au supérieur, et que d'exceptionnelle, la collaboration Entreprises-Education s'impose comme une évidence.

Par Patrice HUIBAN
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Dimanche 19 avril 2009

Site internet de LCI, 30 mars 2009.

Education - Que valent nos CM2 ?

Semaine de 4 jours : des


Le ministère de l'Education nationale a publié lundi les résultats des évaluations des élèves de CM2 effectuées en janvier.

Des résultats disparates selon les académies.

 

Le ministère de l'Education a rendu lundi sa copie à tous les élèves de CM2 de France et de Navarre qui avaient planché, courant janvier, sur les mêmes épreuves. Résultats ? Du bon, du moins bon et du beaucoup moins bon.


Les enfants pourront connaître leurs notes individuellement, mais au niveau national, ne seront communiqués que les résultats pour chaque académie et pour chaque département. Les résultats des écoles ne seront pas divulgués, comme le redoutaient certains enseignants. Il s'agit d'un "instrument commun de mesure, si j'osais dire, un thermomètre commun", a déclaré Jean-Louis Nembrini, Directeur général de l'enseignement scolaire lundi. Le ministère dispose des résultats de plus de 550 000 enfants qui ont planché sur des épreuves de français et de mathématiques, soit 75% des élèves en CM2 cette année. Une carte présentant l'ensemble des résultats est d'ailleurs disponible sur le site de l'Education nationale.

 

Premier constat, nos chères têtes blondes sont moins fortes en maths qu'en français. 75% des élèves ont des résultats suffisants en français contre 65% en mathématiques. Quant aux élèves en difficulté, ils sont 7% en français et 15% en mathématiques. Pour ce dernier résultat, "c'est plus une confirmation qu'une surprise", a estimé Jean-Louis Nembrini. Ces élèves se verront, si ce n'est pas déjà le cas, proposer une aide personnalisée par leur enseignant. Dans le détail, les évaluations ont montré que les résultats étaient meilleurs en "lecture" qu'en "grammaire" et en mathématiques, meilleurs en "calcul" qu'en "grandeurs et mesures".


De fortes différences existent également entre les académies. Comment expliquer les mauvais résultats des Guyanais dont les tests sont majoritairement insuffisants, contrairement au reste de leurs camarades ? En mathématiques, 64% des élèves ont des acquis insuffisants, contre 15% en moyenne nationale, et 50% en français contre une moyenne de 7% sur l'ensemble du territoire. Avaient-ils abordé les questions au programme à ce stade de l'année ?


A l'inverse, les élèves de l'académie de Paris réalisent de très bons résultats : en français, il sont 60% à avoir, selon la classification du ministère, des "acquis très solides" et 45% en mathématiques contre 35% en moyenne nationale. La moitié des élèves ont eu 42 bonnes réponses sur 60 en français et 25 sur 40 en maths.


La Corse, Paris et les Pyrénées en haut du tableau

En Guyane, la moitié des élèves n'ont eu que 20 bonnes réponses en français sur 60 et 10 bonnes réponses en mathématiques, sur 40. A la Réunion, les élèves obtiennent tout juste la moyenne avec 33 sur 60 en français et 19 sur 40 en mathématiques. Pas beaucoup mieux pour la Guadeloupe. En métropole, en bas du tableau, le Val d'Oise, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne avec des résultats un peu en dessous de la moyenne. Pas mauvais mais peut mieux faire pour l'Yonne, la Saône-et-Loire et la Nièvre.


Les petits Corses s'en sortent particulièrement bien et notamment du côté de Bastia avec 59% des élèves dans la catégorie "acquis solides". Idem dans les Hautes-Pyrénées. L'altitude serait-elle favorable aux résultats scolaires ? Encouragements pour le Puy-de-Dôme, le Cantal et le Lot.


Sophie LUTRAND.
Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelle récente
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Dimanche 19 avril 2009

 

Les Echos, le 07 avril 2009. 


Les grandes Ecoles s'efforcent de démocratiser leurs recrutements.

Sept ans après l'initiative de l'Essec, les grandes écoles multiplient les initiatives pour tenter d'augmenter le nombre d'élèves issus des milieux peu favorisés.



Recruter de nouveaux talents, améliorer leur image ou plus prosaïquement tenter d'endiguer une baisse redoutée des inscriptions liée à la crise ou au recul de la démographie étudiante : les grandes écoles ne manquent pas de raisons d'ouvrir leur recrutement, trop élitiste, avec environ 60 % d'enfants de cadres ou d'enseignants. Depuis 2002, les initiatives fleurissent. Tour d'horizon.

· Le tutorat de lycéens de ZEP

C'est la formule la plus classique. Sur les traces de l'Essec, une quarantaine de grandes écoles " tutorent " des lycéens de ZEP, enclins à s'autocensurer face à ces formations élitistes. Environ 4.000 élèves sont déjà passés par ce programme : aujourd'hui, 19 % sont en prépa, 29 % à l'université, 12 % en IUT ou BTS et 35 % en grande école. " Leur parcours scolaire se passe bien ", constate Chantal Dardelet, responsable du programme à l'Essec. " Toutefois, il y a eu des abandons en prépa. Nous réfléchissons donc, avec les responsables de ces classes, au moyen d'adapter ces cursus. " D'où l'idée de développer du soutien scolaire pour ces jeunes de milieu modeste qui ne peuvent pas s'offrir des cours privés ou de revoir les modes de notation en prépa (dont les notes très basses) qui découragent ces non-initiés. " Il ne suffit pas de les amener en prépa, il faut les coacher pour qu'ils réussissent les concours, sinon nous ferons des générations d'aigris ", confirme-t-on au ministère de l'Enseignement supérieur, où l'on pousse les prépas à se démocratiser. Outre la " labellisation " de partenariats lycée-école (" les cordées de la réussite "), le ministère a imposé des " contingents " de boursiers en prépa (23 % en 2008, 25 % en 2009, 30 % en 2010).

· La réforme des concours d'entrée

Le sujet, longtemps tabou, est dans l'air du temps. Le commissaire à la Diversité, Yazid Sabeg, a proposé de revoir les épreuves des concours d'entrée dans les grandes écoles, en pondérant différemment les épreuves de culture générale et de français, qu'il juge socialement discriminantes. Et Sciences po, après avoir ouvert une brèche avec sa procédure réservée aux lycées ZEP, s'interroge sur l'existence même de son concours de première année, qui assure un recrutement peu diversifié socialement.

Pour les écoles qui recrutent après une prépa, la problématique est un peu différente. " La prépa lisse un peu le niveau : les élèves des milieux modestes obtiennent presque les mêmes notes aux concours ", constate Chantal Dardelet. A deux exceptions près : ils échouent davantage dans les meilleures écoles et sont moins performants dans les langues. L'Essec réfléchit donc à réformer cette épreuve.

Le ministère veut aussi encourager les prépas au sein des universités (quatre expérimentations à la rentrée) et les classes réservées aux bacheliers technologiques (une soixantaine en France).

· La gratuité

L'accès aux écoles reste onéreux, mais les établissements mettent aussi les bouchées doubles. Les " petites " écoles de commerce (Amiens, Chambéry...) ont été les premières à instaurer la gratuité des concours pour les boursiers. Résultat : jamais les inscriptions aux concours n'ont été si nombreuses. Reste la délicate question du financement de la scolarité. HEC vient de franchir un nouveau cap dans ce domaine (lire ci-dessus). A l'Essec, 35 % des élèves sont apprentis et 30 % bénéficient de bourses.

LAURENCE ALBERT, Les Echos.

Dans son projet, L'Elan a prôné à tous les niveaux scolaires le tutorat et les cours de soutien afin de réamorcer la pompe de l'ascenseur social républicain tout en maintenant des examens et concours identiques pour tous les citoyens.

                                                                                                                      Patrice HUIBAN.
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Dimanche 19 avril 2009

Journal local du Languedoc, 2 avril 2009.

Languedoc : un beau chahut à l'école pour les tests d'évaluation du primaire

 

Organisée en janvier dernier sous forme de cent questions à réponses courtes, l'évaluation des élèves de CM2 est attaquée de toutes parts. Jugée inéquitable et inadaptée sur le fond, elle n'a pas convaincu l'ensemble des acteurs de l'école primaire. Et cela, malgré le fait d'avoir été présentée comme un outil pédagogique censé enrichir l'enseignement du premier cycle. Côté résultats, avec 77 % de bons ou très bons élèves en français et 75 % en maths, contre 6 % de résultats insuffisants en français et 13 % en maths, l'académie de Montpellier se place un ton au-dessus de la moyenne nationale. Mais une partie de l'opinion réfute ces statistiques qui, selon elle, ne reflèteraient pas la réalité.

Alors que Jean-Louis Nembrini , directeur général de l'Enseignement scolaire, se félicite d'avoir désormais un baromètre national commun à tous les élèves de CM2, les critiques fusent. Enseignants et parents d'élèves mettent notamment en cause les conditions dans lesquelles ont été réalisés ces tests.

Pour Philippe Alberge,
le secrétaire départemental de l'Hérault du syndicat d'enseignant UNSA, " ces évaluations ont été organisées beaucoup trop tôt et elles étaient trop difficiles ". Elles ont en effet eu lieu en janvier, alors que plusieurs sujets n'avaient pas été abordés en classe par les enseignants. " Tirer des conclusions scientifiques de ces évaluations n'est pas crédible. Certains collègues n'ont pas fait remonter les résultats. Les statistiques sont faussées ", insiste-t-il. Selon lui, près de 30 % des évaluations ne sont pas arrivées jusqu'au ministère, tout simplement parce qu'elles n'ont pas été envoyées par les professeurs. D'après les chiffres de l'Education nationale, près de 150 000 copies sur 700 000 n'ont pas été comptabilisées, soit 22 % des tests.

Patrick Toledano, secrétaire académique de la Snuipp, déplore pour sa part la surreprésentation des écoles privées. " Pour l'échantillon témoin de ces tests, le rectorat a sélectionné cinq écoles privées contre quinze écoles publiques, mais il n'y a pas 20 % d'élèves dans le privé " explique-t-il. Au niveau national, 11 % des écoliers sont dans un établissement privé.

Il évoque plusieurs autres dysfonctionnements. Par exemple, les élèves ont eu accès aux tests à l'avance via internet. D'autres ont préparé en classe les épreuves les plus dures avec l'aide de leurs enseignants. " Autant dire que de nombreux éléments poussent à remettre en question la crédibilité de ces tests ".

Si la présidente de la PEEP pour l'Hérault, Isabelle Cayzac, craignait aussi le risque de bachotage, elle est pourtant moins sévère vis-à-vis de ces tests : " Le risque était que des enseignants faussent la donne en accentuant les cours sur ce qui allait être demandé aux élèves. Mais, au final, les évaluations se sont déroulées dans les règles ". Justifiant le choix du mois de janvier, elle estime que " le faire en milieu d'année est une excellente chose... Il aurait peut-être même fallu le faire plus tôt, de sorte que les équipes pédagogiques puissent faire des corrections sur le programme prévu initialement ".

Enfin, sur le risque de créer un classement inter-écoles, elle précise : " Le but n'est pas de stigmatiser des établissements, mais bien de venir en aide aux élèves ".

 

                                                           Textes : Marion GRENES, Lucas BOURGEOT, Guillaume RIZZO.

Même s'ils sont perfectibles, ces tests sont un premier pas vers une culture du résultat prôné par l'Elan en lieu et place d'une simple logique de moyens déresponsabilisatrice et pénalisante pour les autres acteurs de la société.

                                                                                                                     Patrice HUIBAN.
Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelle récente
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Samedi 1 novembre 2008

    
Un Appel intitulé « Au secours, les gens vont mal » vient d’être lancé sur Facebook. Un groupe de plus de 250 personnes étant d’ores et déjà constitué, nous avons décidé d’y consacrer un blog spécifique.
Nous vous remercions de bien vouloir aller lui rendre visite, le signer et le relayer auprès de vos amis.

Par Raphael Anton - Publié dans : Nouvelle récente
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Dimanche 1 juin 2008

Ouest-France, le 23-05-08.

Elle veut ouvrir l'X aux lycéens des banlieues


Marion Guillou : " La diversité est moins risquée que la monoculture. "

 

Voilà quatre ans qu'elle dirige l'Institut national de la recherche agronomique. Depuis mars, elle préside, en plus, Polytechnique (l'X), où elle veut élargir le recrutement de l'école. Portrait de Marion Guillou, " fondamentalement convaincue " des bienfaits de la biodiversité. Dans la nature comme dans la société.

La terrasse donne sur les toits de Paris et la tour Eiffel toute proche. C'est un petit jardin, une promesse de respiration dans des journées qu'on devine bien remplies, pour ne pas dire chargées. Autant que l'impressionnant CV de la patronne des lieux : Marion Guillou, 53 ans, trois enfants, est ancienne élève de l'École polytechnique (promotion 73), ingénieure générale du génie rural, des eaux et des forêts, docteur en physico-chimie des bio-transformations, directrice générale de l'alimentation au ministère de l'Agriculture (1996-2000), PDG de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) depuis 2004. Et en sus, depuis mars, présidente du conseil d'administration de Polytechnique (X). Et ce n'est pas pour la gloire. " J'ai été sollicitée, prend-elle le soin de préciser, et le défi m'a passionnée."

 

"Trouver le temps ? C'est une question entre moi et moi. "

À Polytechnique, la barre des ambitions a été placée à bonne distance du sol. Marion Guillou veut ouvrir l'École sur le monde, accueillir plus d'étrangers (ils sont 700 sur 2600 actuellement). Doper la recherche, et à la manière de ce qui s'est passé à Sciences-Po, élargir le vivier où se recrutent les élèves.

" À Polytechnique, ce sont d'abord des enfants d'enseignants, ou de cadres supérieurs. Un problème général à l'enseignement supérieur en France ! L'idée, c'est que les élèves des classes de ZEP (Zones d'éducation prioritaire) aient aussi envie d'y aller. Qu'ils osent. "

En son temps, elle fut pionnière et s'employa, avec d'autres, à tordre quelques tabous. En 1973, elle fait partie de la deuxième promo de l'X à accueillir des femmes. Elles sont douze sur 300 élèves, douze femmes, qui trente-cinq ans plus tard, sont restées " proches et solidaires ". Dans la promo précédente, celle de 1972, il n'y en avait que six. Cette Marseillaise, fille d'un professeur de médecine et d'une mère chercheur en pharmacie, aurait dû en toute logique faire sa médecine. " Mais je ne tenais pas à faire ce qu'on attendait de moi, corrige-t-elle.

En terminale, j'ai eu une professeure de physique qui s'intéressait à ses élèves et qui m'a incitée à faire une école préparatoire. "

L'austère X a bien digéré la mixité homme-femme, elle devrait faire de même avec la mixité sociale. C'est le pari de Marion Guillou qu'un éventuel choc culturel n'affole pas, au contraire. " C'est une donnée à laquelle je crois fondamentalement. La biodiversité est la condition de survie de l'humanité, à terme. Au-delà de la nature, je crois à une société biodiverse. Le choc culturel ? Oui, et alors ? Peut-être n'a-t-on pas intérêt à se protéger des chocs. Plus il y a de diversité, plus on a de capacité à s'adapter aux conditions futures. J'en suis convaincue. La diversité est bien moins risquée que la monoculture. " Au reste, demain samedi, Polytechnique organise une cérémonie consacrée à l'égalité des chances.

Sa carrière témoigne de ce goût de décloisonner, de ne pas se laisser enfermer. Successivement, on la rencontre à la direction de l'Agriculture, dans la Manche. Puis à Nantes, où elle a suivi son mari, un industriel. Elle y reste neuf ans, entre autres comme déléguée régionale à la recherche et à la technologie. Puis la voilà à l'ambassade de France en Grande-Bretagne. Avant d'être nommée, en 1996, directrice générale de l'alimentation au ministère de l'Agriculture, par Vasseur (droite). Puis confirmée par Le Pensec et Glavany (gauche). Période difficile où elle traverse une série de crises alimentaires, dont celle de la vache folle. " Il ne faut pas se retrouver seule dans ce genre de situation. C'est le courage du ministre qui compte. Et tous les trois l'ont été, courageux. " En 2000, Glavany la nomme à la tête de l'INRA. La droite l'a reconduite.

Aujourd'hui encore, elle reste passionnée de biologie, se garde bien de regretter de n'avoir pas fait carrière dans la recherche. Elle dit : " J'ai beaucoup d'estime pour les gens à la pointe de la science. J'essaie de leur donner les meilleures conditions de recherche. " Elle est intarissable sur la levée de fonds amorcée pour doper les travaux de recherche à l'X. La première fois que ça arrive. " On vise les 25 millions d'euros, on a créé une fondation que dirige Claude Bébéar. " Intarrissable. Infatigable Marion Guillou !

Texte : Marc PENNEC.

Par Patrice HUIBAN
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Dimanche 1 juin 2008

Le Monde, le 28-05-08.

Le gouvernement envisage le recrutement des professeurs à bac + 5

Recruter les enseignants à un niveau universitaire plus élevé qu'aujourd'hui, les faire entrer directement dans le métier et remplacer l'actuelle deuxième année de formation professionnelle initiale par un "compagnonnage" intensif en début de carrière : ainsi se dessine la réforme envisagée, pour la rentrée 2010, par le ministère de l'éducation. Au passage, les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), déjà absorbés par les universités en 2007, verraient leur rôle considérablement réduit.

 

C'est Nicolas Sarkozy lui-même qui a lancé cette fusée à plusieurs étages. Le président de la République a réaffirmé, mardi 27 mai sur RTL, sa confiance en Xavier Darcos pour mettre en place la "mastérisation" des enseignants. Le mot fera florès dans les prochains mois. Il signifie que les enseignants, du premier comme du second degré, seraient recrutés au niveau bac +5, soit celui du master 2 en France et master tout court en Europe dans le cadre de l'harmonisation des enseignements supérieurs.

REVALORISATION

Le chef de l'Etat a lié cette réforme à la "revalorisation" du métier d'enseignant. Le fait de les embaucher au niveau master permettra "de les payer plus cher en début de carrière", a-t- il assuré.

Actuellement, même si de plus en plus de candidats sont déjà à bac +4 ou au-dessus, il suffit d'être titulaire d'une licence pour s'inscrire à un concours d'enseignement. Selon le schéma envisagé, les candidats pourraient se présenter aux concours pendant leur année de master, mais ne seraient recrutés qu'à la condition d'avoir obtenu ce diplôme. Les universités pourraient intégrer à leurs masters disciplinaires des modules de préparation à l'enseignement et mettre sur pied des masters spécifiques. Ces derniers ne se substitueraient pas aux concours d'enseignement (Capes et agrégation pour le second degré, concours de professeur des écoles pour le premier degré) qu'il est hors de question de supprimer, contrairement à des rumeurs démenties par le ministère comme par les syndicats. Ces concours pourraient toutefois évoluer dans leur contenu.

Le candidat reçu à un concours serait directement affecté à un poste, alors qu'il est aujourd'hui amené, après une première année d'IUFM consacrée à la préparation du concours, à suivre une seconde année de formation en qualité de fonctionnaire stagiaire, donc rémunéré par l'Etat. Cette deuxième année d'IUFM qui est celle de la "professionnalisation", disparaîtrait. L'étudiant reçu au concours deviendrait, ipso facto, enseignant, sous réserve d'une titularisation définitive au bout d'un an. Mais une partie, à déterminer, de son horaire serait accompagnée par des tuteurs, enseignants aguerris, dans le cadre d'une formation selon le principe du compagnonnage.

Si elle permet des économies (sur les salaires des stagiaires), cette réforme n'est pas forcément un casus belli pour les syndicats d'enseignants, en raison de son aspect revalorisant. Sur le plan symbolique, c'est un cadeau aux détracteurs des IUFM qui, depuis des années, les voient comme des "goulags du savoir" et des "temples du pédagogisme".

Luc Cédelle

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Samedi 5 avril 2008

La croix.com, le 03-03-08

Mal notée, la France se recentre sur les "fondamentaux"


Le ministre de l'éducation Xavier Darcos veut d'ici à 2012 diviser par trois le nombre d'élèves sortant du primaire avec de graves difficultés

Certains de ses prédécesseurs avaient feint d’ignorer les classements internationaux, du moins d’en minimiser la portée. Xavier Darcos, lui, a préféré encaisser le coup et prendre appui sur ces comparaisons peu flatteuses pour mieux faire accepter sa volonté de réforme. Le ministre de l’éducation nationale – qui, diront ses détracteurs, n’est pas totalement étranger aux mauvaises notes de la France puisqu’il a notamment occupé, de 2002 à 2004, le fauteuil de ministre délégué à l’enseignement scolaire – a même pris les devants en rendant publics, lors d’une interview radio, en novembre dernier, les résultats de l’enquête PIRLS 2007, tout aussi défavorables que ceux de l’enquête Pisa et qui viennent confirmer un rapport alarmant du Haut Conseil de l’éducation paru fin août.

Le ministre l’admet donc volontiers : la France peut mieux faire. Et pour cela, Xavier Darcos veut attaquer le mal à la racine, autrement dit dès l’école primaire, avec un recentrage sur les " fondamentaux " que constituent les mathématiques et le français. " Quand on ne sait pas lire, quand on ne comprend même pas les intitulés des sujets, on ne peut s’en sortir dans aucune matière ", insiste-t-on rue de Grenelle.

" Le risque, c’est un retour de balancier qui vienne réduire l’importance accordée à l’enseignement de l’histoire-géographie et des sciences ", réagit Gilles Moindrot, le secrétaire général du SNUipp, qui observe par ailleurs avec scepticisme la volonté affichée par le ministère de privilégier à nouveau le calcul mental et la mémorisation de certains savoirs. " Ce n’est pas parce qu’on apprend par cœur des règles de grammaire qu’on est à même de les appliquer ", dit-il.

Des stages de remise à niveau gratuit pour les CM1 et CM2

Annoncée par Nicolas Sarkozy à la mi-février puis précisée une semaine plus tard par Xavier Darcos, la réforme du primaire prévoit en tout cas de nouveaux programmes, mais aussi un bouleversement des emplois du temps. Plus de cours le samedi matin dès la rentrée prochaine. Les deux heures d’enseignement hebdomadaires ainsi " libérées " seront mises à profit par les professeurs pour aider (le reste de la semaine, pendant la pause de midi ou en soirée) les élèves les plus en difficulté à combler leurs lacunes.

En CM1 et CM2, les enfants à la dérive, dont les familles, bien souvent, n’ont pas les moyens de solliciter des organismes de soutien scolaire, se verront dès à présent proposer gratuitement des stages de remise à niveau pendant les vacances de printemps et d’été. Ces sessions seront animées par des enseignants volontaires, rémunérés sous forme d’heures supplémentaires. " Une vraie fausse bonne idée ", tempère Luc Bérille, le secrétaire général du syndicat SE-Unsa, qui craint que ces stages d’une semaine ne s’avèrent, dans bien des cas, contre-productifs.

" Ils risquent de priver les enfants d’une phase de récupération d’autant plus précieuse que les élèves en difficulté sont ceux qui se fatiguent le plus rapidement. Les résultats escomptés ne seront pas forcément au rendez-vous, car les stagiaires risquent de passer l’essentiel de la semaine à s’adapter à des méthodes pédagogiques différentes de celles qu’ils connaissent le reste de l’année ", commente-t-il.

Pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé, la division par trois, en cinq ans, du nombre d’élèves quittant l’école primaire avec de graves difficultés, Xavier Darcos entend aussi soumettre les enseignants à une évaluation indirecte, prenant en compte, au niveau du CE1 et du CM2, les résultats de sa classe et ceux de son établissement. Une enquête nationale sera lancée en ce sens, dès l’an prochain, pour faciliter les comparaisons.

Denis PEIRON

Le gouvernement a compris, comme l'avait souligné le groupe de travail, la nécessité de traiter l'échec scolaire et la faillite de l'ascenseur social à la racine et non dans le secondaire où le décrochage est trop grand. L'idée est de compenser les "handicaps" sociaux et environnementaux de l'enfant par un soutien individualisé en plus des horaires de classe.

Cependant, le principe évoqué d'évaluation en CE1 et CM2 de l'efficacité du service public de l'enseignement doit être précisé. Le pôle jeunesse a suggéré un examen national en CM2 qui n'aurait pas pour but direct de statuer sur le passage en 6e, mais qui devrait vérifier l'acquis des fondamentaux par la grande majorité des enfants entrant au collège. En fonction des résultats locaux et nationaux, des mesures pourraient être prises à l'échelon central mais surtout local pour adapter et améliorer les approches pédagogiques tout comme l'aménagement du temps scolaire.
Affaire à suivre donc...


Patrice HUIBAN.

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Samedi 5 avril 2008

France culture.com, le 30-03-08

Dans l'émission "Et pourtant, elle tourne" diffusée sur France Inter le vendredi 21 mars, Jean-Marc Four et Dominique André s'intéressait à l'enseignement de la langue française en Chine. On apprenait ainsi que le Français est la deuxième langue étrangère préférée des étudiants chinois après l'Anglais, qui demeure la langue de prédilection des businessmen chinois (le Français est donc leur deuxième langue dans les milieux d'affaires).

Selon les estimations de l'Alliance française, entre 50 et 70000 étudiants chinois apprennent le Français dans les établissements supérieurs et secondaires, et via le réseau de l'Alliance Française en Chine. 80% des professeurs de français en Chine sont de nationalité chinoise car le budget consacré par la France à l'enseignement du Français en Chine a baissé. Mais, pour ne pas changer, les Chinois s'en sortent très bien seuls : les ressources et l'expertise chinoises sont impressionnantes, comme en témoigne le Professeur Dong de l'Université de Pékin (celle de l'élite chinoise, la plus ancienne et la plus prestigieuse), qui s'exprime dans un Français quasiment parfait (auquel Didier Lucas lui-même ne renâclerait point). Citant Balzac et Molière, ledit Monsieur Dong relate donc que les Chinois s'intéressent aux grands auteurs français, massivement traduits dans leur langue, ce qui contribue à l'exportation de la culture française en Chine. Cet attrait pour les langues étrangères trouve son origine dans le fait que l'Empereur Mandchou souhaitait disposer de fins linguistes pour mieux connaitre l'étranger. Force est de féliciter les Chinois qui, depuis, n'ont jamais abandonné ce courage et cette ambition de maitriser une langue éloignée de la leur. Peut-on en dire autant de nous autres...? Et, justement, le Professeur Dong de conclure, avec une fierté assumée, que les Chinois francophones travailleront soit pour le gouvernement chinois, soit pour des sociétés étrangères, soit pour.... les sociétés chinoises qui s'implantent de plus en plus en France ou en Afrique ! En somme : nous exportons certes notre culture et notre langue, mais il faut avoir à l'esprit que celles-ci sont également une arme dans la guerre économique. Reste le tourisme pour nous consoler puisque la France est la destination (touristique) préférée des Chinois.

E.S.

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelle récente
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Dimanche 30 mars 2008

La Tribune.fr, le 25-03-08

Chronique Economie

Le mirage du financement privé des universités

Les financements privés de l'enseignement supérieur et de la recherche ne doivent pas être négligés, ils peuvent contribuer utilement dans quelques domaines. Mais ils n'aideront que marginalement à résoudre le sous-financement chronique des universités, estime Jean-Marc Schlenker, mathématicien, professeur à l'université Toulouse III.

La France souffre d'un net sous-investissement dans l'enseignement supérieur, et surtout dans les universités. En 2006, la dépense moyenne par étudiant dans l'enseignement supérieur était inférieure à 9.000 euros, beaucoup moins que ce qu'elle est chez la plupart de nos partenaires (nettement plus du double en Suisse ou aux Etats-Unis). Cette moyenne recouvre des réalités très variées: la dépense annuelle par étudiant est élevée dans les classes préparatoires (13.940 euros) mais plus faible dans les universités (7.840 euros) que dans les lycées (10.320 euros).

L'enseignement supérieur a d'ailleurs été mis en avant par la commission Attali comme le seul domaine où les dépenses publiques doivent nettement augmenter. Parallèlement, la réforme en cours de la recherche académique sera difficile sans une augmentation au moins temporaire de ses moyens. Par comparaison avec d'autres pays, par exemple les Etats-Unis, ce sont les financements privés qui manquent cruellement aux universités françaises. Les caisses de l'Etat sont vides - ou d'autres dépenses sont prioritaires - et l'appel à la contribution des étudiants, sous la forme de frais d'inscription nettement augmentés, semble exclu au moins à court terme pour des raisons politiques.

Une solution simple a déjà été prévue dans la loi: créer des fondations pour faire largement appel aux dons privés, en particulier ceux des entreprises. Cette idée séduisante risque malheureusement de trouver rapidement ses limites. Elle s'appuie sur des exemples étrangers mal analysés et sur la généralisation abusive de situations spécifiques.

Dans une vision économique classique, les entreprises n'ont pas vocation à participer sans contrepartie au financement de l'enseignement supérieur. Pour reprendre l'exemple des Etats-Unis, ce sont moins les entreprises que les particuliers qui donnent généreusement aux universités; le nouveau bâtiment du département d'informatique de l'université de Stanford a été offert par Bill Gates, et non par

Microsoft.

D'après la National Science Foundation, en 2003, les entreprises finançaient 17% de la recherche fondamentale aux Etats-Unis, mais seulement 5% de celle conduite dans les universités (qui représente pourtant l'essentiel du total), et, plus étonnant peut-être, seulement 6% de la recherche appliquée universitaire.

Il existe bien sûr des cas où des entreprises peuvent trouver intérêt à investir fortement soit dans la recherche académique, soit directement dans des formations. De larges pans de la recherche appliquée peuvent ainsi faire l'objet de contrats avec des entreprises intéressées par les résultats, même si un poids trop important de ces financements peut parfois nuire à l'indépendance et à la crédibilité de la recherche.

Dans quelques cas isolés, un groupe d'entreprises peut aussi souhaiter participer à travers des fondations ou des chaires au financement de formations spécialisées qui les aideront dans leurs recrutements futurs, par exemple dans le domaine de la finance. Mais ces cas restent marginaux au regard de l'ensemble de l'enseignement supérieur.

Si on reprend l'exemple des Etats-Unis, il faut rappeler que ce sont essentiellement les particuliers qui contribuent par leurs dons au financement des universités. L'extension de ce modèle à la France se heurte à de sérieuses difficultés, relevant peut-être de la pression fiscale et plus profondément de différences culturelles qui rendent plus difficile le mécénat sous toutes ses formes.

Il existerait un moyen de développer largement le mécénat des entreprises ou des particuliers: lui associer des déductions fiscales proches de 100% des dons consentis, ce qui reviendrait à laisser les contribuables fortunés ou les sociétés attribuer d'importantes sommes d'argent public.

On pourrait craindre d'encourager par là non pas la rénovation nécessaire du paysage français de recherche et d'enseignement supérieur, mais, au contraire, le renforcement des établissements existants en fonction du pouvoir de leurs anciens élèves, sans rapport avec la qualité ou la reconnaissance internationale de leurs formations et de leurs équipes de recherche.

Les financements privés de l'enseignement supérieur et de la recherche académique ne doivent pas être négligés, ils peuvent contribuer utilement dans quelques domaines proches d'entreprises contributrices. Mais ils n'aideront que marginalement à résoudre le sous-financement chronique des universités. Toute solution durable devra conjuguer une plus grande contribution de l'Etat et une rationalisation du système, en particulier par le rapprochement des organismes de recherche et de l'enseignement supérieur.


Jean-Marc Schlenker, mathématicien, professeur à l'université Toulouse III

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelle récente
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Héléniste de renommée internationale, première femme professeur au Collège de France, première femme à l’Académie des Inscriptions et des Belles Lettres, auteur de nombreux ouvrages sur l'enseignement.

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