La France bénéficie d’une relativement bonne démographie lui permettant de pratiquement assurer le renouvellement des générations et un fort taux d’accroissement de sa population. Toutefois, ce constat, pour qu’il soit une bonne nouvelle en soi, doit s’accompagner d’une formation efficace des jeunes. Sur ce principe, des pays d’Asie du sud-est ont pu concilier une forte croissance démographique avec un développement de l’économie et du niveau de vie grâce à un système scolaire transformant cette jeunesse en une main d’œuvre qualifiée et une population unie par des valeurs sociétales fortes. A l’inverse, dans des pays d’Afrique noire, la forte croissance démographique ne suffit pas à aider au développement en raison d’une Ecole insuffisamment performante.

L’Enseignement est ici entendu comme un processus permettant à l’enfant et à l’adolescent de se préparer à une vie professionnelle tout en évoluant au sein d’une collectivité dont il connaisse, comprenne et partage les valeurs.

L’avenir de la France à moyen et long termes est donc intimement lié à son système éducatif. Ce dernier doit non seulement qualifier tous les jeunes mais également perpétuer des valeurs communes prégnantes et un esprit critique gagés par une égalisation des chances au regard des avantages ou « handicaps » liés à l’environnement géographique, social et culturel de l’enfant.

Au regard de cet objectif, quelle est la situation de l’enseignement en France ? Pour tenter d’apporter quelques éléments de réponse, ce document met tout d’abord en lumière quelques chiffres clés qui démontrent une certaine crise de notre système éducatif. Ensuite, il essaie de définir plusieurs pistes de réformes issues de la réflexion personnelle des membres du groupe de travail, réflexion mûrie par l’expérience et les lectures variées de chacun.

Propositions de "L'Elan Nouveau des Citoyens"

Samedi 7 avril 2012 6 07 /04 /Avr /2012 14:53

Contribution reçue le 04 avril 2012.

Eva Joly et la Commission Enfance, Education, Formation d’EELV répondent à la lettre ouverte « Le socle commun, une promesse démocratique »

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L’institution d’un « socle commun de connaissances et de compétences » comme objectif de la période de scolarité obligatoire restera peut-être le point le plus positif (ou le moins négatif ?) de la politique éducative menée durant dix années par la droite. Non que ceux qui l’ont inscrit dans la loi aient été convaincus de son intérêt : les déclarations aveuglément idéologiques des François Fillon, Nicolas Sarkozy ou Luc Chatel contre le « pédagogisme » et le « refus de l’effort » qui seraient la source de tous nos maux montrent plutôt qu’ils n’en avaient pas saisi toute la portée. Impression confirmée par le pilotage de la mise en œuvre de ce socle depuis 2005. Les rares fois où il a été explicitement invoqué, c’est pour justifier une évaluationnite qui oblige les enseignants à passer de longues heures à remplir des grilles critériées dont le détail a perdu tout sens. Restaurer l’esprit du socle commun, travailler à son appropriation par les acteurs de terrain sera une mission prioritaire du futur ministre de l’Education.

Affirmons au préalable qu’en tant qu’outil de la scolarité obligatoire, le socle commun de connaissances et de compétences est un engagement que la nation prend envers tous ses enfants. De six à seize ans, les jeunes doivent vivre une expérience commune visant à la construction d’une culture partagée appuyée sur un socle de compétences et de connaissances. Cette période de la scolarité doit donc être exempte de toute sélection. Je défends en conséquence le projet d’une école fondamentale qui, de six à seize ans, scolarise tous les enfants sans redoublement ni orientation, comme cela se pratique déjà dans plusieurs pays, dont ceux qui obtiennent les meilleurs résultats dans les évaluations internationales. Le socle ne doit donc pas être, en tout état de cause, un prétexte pour organiser une sélection, un « dépistage » ou une « catégorisation » des élèves, comme les actuels gouvernants ont pu le croire. Il s’agit d’un levier pour les apprentissages, pas d’un obstacle de plus.

Décidons ensuite ensemble que le socle est un référentiel et non un programme. Intégrer l’esprit du socle, c’est considérer que les efforts des équipes pédagogiques doivent porter davantage sur la recherche des meilleurs moyens de réaliser ces finalités pour chaque élève que sur la garantie à tous les élèves du même nombre d’heures de cours de chaque discipline et sur le « bouclage » de programmes annuels définis dans leurs moindres détails. Cela implique que les programmes, dorénavant, soient définis en termes d’objectifs transdisciplinaires de cycles pluriannuels. Dans l’esprit du socle, ce doit être à la communauté éducative de fixer, à travers le projet de chaque établissement, les horaires, les modes de regroupement d’élèves et les contenus disciplinaires les mieux adaptées aux réalités locales et aux priorités de l’établissement pour atteindre ces objectifs. Il faut promouvoir le modèle d’une équipe d’enseignants qui prendraient en charge un groupe d’une centaine d’élèves pour mettre en place, avec eux, les conditions d’apprentissage les plus efficaces. Leur autonomie doit être importante : il doit notamment être possible qu’une part importante de l’enseignement dispensé dans un établissement, en fonction de sa région d’appartenance ou du public qui y est scolarisé, ait lieu dans une langue régionale ou dans la langue d’origine de certains élèves. Le socle fournit une occasion de réaffirmer un principe républicain fort : la définition des objectifs et des finalités appartient à l’Etat ; celle des moyens de les atteindre est de la responsabilité des acteurs de terrain. La subsidiarité, trop souvent mise à mal dans un système scolaire plus attentif à l’application des directives qu’à l’effectivité des apprentissages, est une implication trop souvent oubliée du socle commun.

Il reste que, si le principe du socle doit être un appui pour une nouvelle politique éducative, son contenu a grand besoin d’être révisé. Si le socle est un moyen de revenir aux « fondamentaux », ce n’est pas pour réduire l’éducation scolaire au « lire, écrire, compter », mais pour construire l’autonomie, la solidarité et la responsabilité. Le scandale qu’a représenté, dès sa première mouture, la note de vie scolaire et l’abandon des savoirs du corps, est connu. Mais j’entends aussi dénoncer l’absence des savoirs manuels et professionnels : la « revalorisation de la voie technologique et professionnelle », incantation rhétorique des discours ministériels, ne sera possible que si tous les jeunes, au cours de leur scolarité obligatoire, ont eu l’occasion de développer significativement leurs compétences manuelles et d’avoir un véritable contact avec le monde professionnel. L’orientation éventuelle, après seize ans, vers une formation professionnelle, doit se faire en toute connaissance de cause, comme se fait le choix d’études générales. Je veux par ailleurs qu’on s’interroge sur la dimension culturelle de l’apprentissage des langues. Qu’on s’en félicite ou qu’on le déplore, l’anglais de communication internationale est devenu un apprentissage obligé. La limitation du socle à « la pratique d’une langue vivante étrangère » est de ce point de vue fort hypocrite, car elle contribue indirectement à la prééminence de la langue anglaise, les autres cultures étant réservées à une élite faisant la démarche d’étudier plusieurs langues. Osons affirmer deux objectifs forts : à l’issue de la période d’instruction obligatoire, chaque jeune doit maîtriser l’anglais de communication internationale, avoir bénéficié d’une initiation à l’esperanto et avoir découvert plusieurs langues dans leur dimension culturelle plus que comme moyen de communication. Parmi ces langues, l’anglais et les langues régionales peuvent évidemment trouver leur place. L’autonomie et l’initiative, enfin, invoquées dans le pilier 7, n’insistent pas assez sur la nécessité d’« apprendre à apprendre », considérée comme une « compétence-clé » par le Conseil de l’Europe et l’Union européenne.

Commission Enfance, Education, Formation d'EELV.    

 

Plusieurs points sont intéressants, voire surprenants, dans cette contribution reçue :

- la nécessité reconnue d'un socle commun et universel de connaissances à détenir par tous les citoyens ;

- le principe de subsidiarité et d'autonomie au profit des acteurs de terrain (surprenant car promu par l'UMP et contesté par leurs alliés socialistes) ;

- la nécessité pour tous les jeunes au cours de leur scolarité obligatoire de développer des compétences manuelles et d'être confrontés au milieu professionnel dès le collège afin d'opérer une orientation en toute connaissance de cause.

P. HUIBAN.

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 08:57

Le Figaro, le 29-03-2012

 

Luc Chatel : «Hollande est prisonnier de l'archaïsme»

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INTERVIEW - Le ministre de l'Éducation nationale se réjouit que le thème de l'école prenne toute sa part dans la campagne présidentielle, et revient sur les différences entre les programmes PS et UMP.

 

LE FIGARO. - Quel bilan dressez-vous des trois années dans ce ministère ?

 

Luc CHATEL. - L'éducation est devenue un enjeu stratégique, un élément majeur de la compétitivité d'un pays. Trois ingénieurs sur quatre sont aujourd'hui formés en Asie du Sud-Est. Former aujourd'hui, c'est garantir, demain, une France prête aux défis du nouveau siècle. L'éducation n'a pas été suffisamment au cœur des précédentes campagnes présidentielles.

Celle de 2007 avait pourtant mis l'accent sur la question de l'école…

 

Nicolas Sarkozy en avait la bonne vision, mais ça n'était pas un enjeu de débat entre les candidats. Pourtant, en Angleterre, aux États-Unis, c'est au cœur de la réflexion électorale. L'actuelle campagne montre clairement deux visions de l'école: l'une quantitative voulue par la gauche et l'autre axée sur la qualité de l'enseignement prônée par le président de la République.

Quel est selon vous le problème majeur de notre système éducatif?

 

Il n'a pas su s'adapter, depuis vingt-cinq ans, aux changements considérables de notre société mais aussi du monde. On est passé du Minitel à Internet alors que l'école est restée campée sur son passé. Je suis arrivé en effet à la tête d'une institution dont l'organisation datait des années 1950. En accord avec le président, mon rôle était de faire entrer l'école dans son temps.

À ceci près que l'école a été au contraire bouleversée par des réformes incessantes depuis trente ans, ce que dénonçait Nicolas Sarkozy…

 

Il s'opposait alors au pédagogisme qui a réformé les méthodes d'apprentissage en laissant croire trop souvent que l'élève était aussi bon que le maître. La réforme que nous avons entreprise et souhaitons poursuivre est celle de la personnalisation des parcours, de l'autonomie des établissements pour sortir d'un système égalitariste qui consiste à croire que l'égalité, c'est de faire la même chose pour tout le monde. On ne donne pas assez d'outils aux enseignants pour relever le défi majeur: être capable d'accompagner l'excellence autant que de repérer ceux qui vont décrocher. Passer de l'école pour tous à l'école pour chacun.

Le PS, qui entend avant tout augmenter le nombre d'enseignants, évite prudemment de parler de ses futures réformes. Le projet de Nicolas Sarkozy affiche au contraire des bouleversements structurels. Vous vous rejoignez en revanche sur le fond, sur la question des missions de l'école ou de l'évolution du métier d'enseignant et surtout sur l'idée de la personnalisation, acclamée à droite, comme à gauche. Qu'est-ce qui différencie fondamentalement vos projets ?

 

La personnalisation selon le PS c'est: le même parcours pour tous sans aucune différenciation et en mettant aveuglément de l'argent qu'on n'a pas! L'intérêt de cette période électorale est de voir ce que l'on a fait et ce qui reste à faire. La droite a une vision claire sur l'école. François Hollande, lui, est prisonnier d'une idéologie archaïque, celle du toujours plus. Nous sommes dans le toujours mieux. Les Français trancheront très bientôt. Mais il y a à gauche une autre sensibilité sur l'éducation, qui était portée par Martine Aubry. Il y a beaucoup de réalistes chez les socialistes. Mais Hollande ne les écoute pas!

Certes, les moyens ne font pas tout, mais beaucoup ont eu l'impression que votre politique se décidait à Bercy…

 

Nous assumons nos choix: nous avons redistribué 1,4 milliard d'euros aux enseignants en cinq ans et cela doit continuer encore davantage. Cela équivaut à 18 % d'augmentation en début de carrière. Le PS, lui, affirme très clairement que la revalorisation des enseignants n'est pas une priorité.

 

Mais la revalorisation ne suffit pas à motiver les jeunes pour ce métier.
Est-ce que ce ne sont pas les conditions d'exercice du métier qui expliquent le faible nombre de candidats au concours?

 

Comparons ce qui est comparable: si l'on recrute en master et non plus en licence, à un moment où la sélection s'est déjà faite au niveau universitaire, il est logique que nous ayons moins de candidats. Mais la vocation est un vrai sujet. On y répond en responsabilisant les enseignants, en récompensant l'autonomie, l'initiative, le volontariat. Il faut que tout cela ait un impact sur les évolutions de carrière. A contrario, les socialistes en programmant une baisse de pouvoir d'achat des professeurs sans améliorer leur façon de travailler ne susciteront pas beaucoup de vocations…

 

Vous allez donc continuer à supprimer des postes, notamment grâce à la mesure annoncée par Nicolas Sarkozy sur le temps de travail?

Nous avons plus de profs et moins d'élèves qu'il y a vingt ans. L'enjeu, c'est de travailler sur l'organisation interne du système afin de le rendre bien plus efficace. Il faut faire bouger l'école ; son statut ne peut rester défini par un décret datant de plus de soixante ans! Nous le devons à nos enfants et à leurs parents.

 

Mais ce que craignent certains professeurs, c'est d'être transformés
en animateurs culturels.

 

Sur les 26 heures que nous leur proposons, il y a 21 heures de cours, ce qui signifie que l'instruction demeure la mission principale. Mais il n'y a rien de dévalorisant à apporter un soutien individuel à travers un travail transversal entre les enseignants. C'est la grandeur de ce si noble métier. D'ailleurs, beaucoup le pratiquent déjà. Aujourd'hui, ce n'est pas parce que vous rajouterez une heure de cours que vous améliorerez vraiment les résultats.

 

Certains enseignants veulent croire qu'une organisation autonome
des établissements va réinsuffler du dynamisme, mais la majorité d'entre eux craint une libéralisation du système qui générerait une inégalité
entre des établissements conservant un enseignement exigeant et les autres.

 

Arrêtons avec la vieille idéologie gauchiste qui prône l'égalitarisme partout. Avec le président nous sommes au contraire pour l'équité: faire ce qui est juste en fonction des besoins au plus près du terrain.

Mais ne risque-t-on pas d'amplifier le phénomène de creusement des inégalités?

 

Cette vision passéiste n'a jamais fonctionné! Désormais le maître mot, c'est la confiance. Autonomie, travail en équipe, sont la clé des bons résultats. Un chef d'établissement qui évalue directement, c'est plus sûr qu'un inspecteur éloigné qui passe tous les sept ans.

 

Les chefs d'établissement risquent d'offrir une prime aux pédagogues modernistes et aux projets séduisants plutôt qu'au travail solitaire dans la classe.

 

C'est pour cela que nous maintenons la note de l'inspecteur pédagogique. Mais le chef d'établissement a une vision à la fois globale et précise de ses collaborateurs. Il n'est pas anormal qu'il y ait un responsable impliqué directement et au plus près.

L'adaptation au terrain, n'est-ce pas le sacrifice des bons élèves qui ont
la malchance d'être dans un établissement difficile?

 

Au contraire, nous voulons un système suffisamment fin et efficace pour adapter les outils à chaque établissement et à chaque élève. Nous y parviendrons en donnant plus de marge de manœuvre.

 

Avec la réforme du lycée, n'avez-vous pas sacrifié certaines disciplines, qui comportent désormais moins d'heures au profit d'activités pédagogiques (prise de notes, apprentissage de la dissertation, oral), ce qui explique que certains soutiens à la réforme du primaire aient exprimé leur réticence face à la réforme du lycée?

Je réfute cette opposition entre le tout-disciplinaire et le tout-pédagogique. Notre défi, c'est d'adapter l'éducation à la massification. Ce n'est pas le plus petit dénominateur commun. Nous devons trouver une solution pour chaque élève et montrer que l'excellence ne se rencontre pas qu'en classe préparatoire aux grandes écoles. C'est pour cela que nous voulons réformer le bac pour le rendre plus juste.

 

Justement, les dernières déclarations de Nicolas Sarkozy sur le baccalauréat ne sont-elles pas en contradiction avec la satisfaction affichée tous les ans devant les résultats?

On oublie que c'est le premier grade de l'enseignement supérieur. Pourtant, aujourd'hui 83 % des élèves sont affectés dans le supérieur avant les résultats du bac, sur dossier! C'est pour cela que nous voulons le simplifier, l'affiner notamment en diminuant le poids des options et en y ajoutant du contrôle continu.

 

Parmi les enthousiastes de 2007, certains peuvent penser que les problèmes de baisse du niveau, de disparition de références culturelles, n'ont pas encore été réglés.

 

Les dernières enquêtes montrent que le nombre d'élèves qui ne maîtrisent pas la lecture en 6e a nettement baissé. Nous avons concentré l'école primaire sur les fondamentaux.

 

Comment qualifier votre philosophie de l'éducation: libérale, conservatrice…?

Ma vision n'entre dans aucun carcan. Je me reconnais dans une école capable de s'adapter, de passer de l'éducation globale à la réussite de chacun. Ce doit être notre obsession. À gauche, à force de faire l'autruche les vrais enjeux n'ont pas été compris.

 

Pourquoi avoir laissé certains problèmes de côté pendant ce quinquennat? Certains étaient pourtant dans le programme de Nicolas Sarkozy en 2007.

C'est faux! Nous avons fait les adaptations nécessaires et préparé les changements structurels du système. Les mentalités évoluent lentement. On ne réforme pas de la même manière juste après une élection et en deuxième partie de quinquennat. Il y a une maturation. Elle s'est faite pour ce qui est du statut des enseignants. Cette maison a moins besoin de grands soirs que de petits matins quotidiens. Mais sur la durée, les changements que nous avons opérés se révéleront décisifs. Ne pas poursuivre cette tâche sera désastreux pour l'avenir de nos enfants.

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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Dimanche 18 mars 2012 7 18 /03 /Mars /2012 16:33

Cette idée générale que l’on déclinera en pistes concrètes prend la forme d’un arbre.

 

Un tronc solide et large permet à l’ensemble des jeunes de maîtriser parfaitement les connaissances fondamentales dans les matières principales. De profondes racines développent une culture commune qui transcende, dès le plus jeune âge, les différences sociales, ethniques et religieuses. Le but est d’atteindre un niveau le plus homogène possible au début du collège chez des enfants n’ayant pas bénéficié des mêmes chances au départ. Le deux principales clés d’une intégration sociale réussie restent la maîtrise de la langue et une solide culture générale.

 

Là, des branches s’épanouissent dans des directions différentes également mises en valeur car complémentaires (la France a besoin de compétences très diverses pour avancer). Le secondaire doit opérer cette orientation (et non sélection car toutes les voies sont utiles !) entre les filières générales et professionnelles, ce qui induit la fin du collège unique qui ne fait que la repousser à l’université sous la forme d’une sélection à forte discrimination sociale. Dans ce cadre, l’université doit aussi retrouver sa vocation d’enseignement général d’excellence, ce qui sera facilité par une baisse très sensible du nombre des étudiants grâce à l’orientation opérée dans le secondaire. On pourra ainsi espérer revoir plus d’universités françaises parmi les premières mondiales.

 

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 15:40

 

 

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Attention, la logique de moyens est de retour dans le débat présidentiel au sujet de l’Ecole ! Pourtant, les efforts colossaux déjà consentis depuis trente ans, sans résultats, pèsent sur la compétitivité globale du pays, autre sujet de débat de la campagne. En effet, ces moyens alloués entraînent des effets d’éviction au détriment d’autres pans de l’action publique et des contribuables, ménages comme entreprises.

 

Ainsi, l’Education nationale en France en 2012, c’est :

 

-      de loin, le premier budget de l’Etat avec 61 milliards d'euros, soit un passage de 3 à 7% du PIB depuis les années 80 (la Défense, pendant la même période, est passée de 3 à 1,8% du PIB avec des résultats plus que probants sur des théâtres d’opération aux quatre coins du monde). A titre de comparaison, 7% du PIB, c’est proportionnellement l’équivalent de l’effort militaire américain en pleine Guerre froide… ;

-      600 000 élèves en moins en trente ans à prendre en charge entre 1980 et aujourd’hui ;

-      un pourcentage de fils d’employés et d’ouvriers dans les grandes écoles qui est passé de 30% à 9% en trente ans ;

-      852 915 enseignants (source : Education nationale, « L’Etat de l’Ecole », n°20, novembre 2010), soit le premier employeur au monde après l'armée chinoise ! Avec 12 millions d’élèves, cela représente un enseignant pour 14 élèves. En réalité, 1 enseignant pour 23,5 élèves, ce qui reste acceptable en dépit du fiasco de la gestion RH ;

-      récemment, un zéro, voire une note négative, obtenue par 50% d’un échantillon représentatif de bacheliers sur une dictée donnée en 1975 en école primaire (test effectué par l’association « SOS Education ») ;

-      30 % des élèves qui, après 15 années de scolarité en moyenne, éprouvent toujours des difficultés à lire (source : Journée d’Appel et de Préparation à la Défense (JAPD)) ;

      ........

 

En dépit de tout cela, certains nous parlent encore d’une logique de moyens. Ces propos ne sont pas seulement démagogiques, ils sont criminels pour nos enfants, et donc la performance globale à venir de la France.

 

Il est urgent d'organiser des états-généraux avec tous les acteurs concernés afin de revoir de fond en comble les cursus scolaires des élèves, ce qui implique une refonte totale des structures comme des programmes !

 

Patrice HUIBAN.

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 18:24

Le Figaro, le 03-02-2012.

 

La mixité sociale fait grincer des dents à Paris.

 

 

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Si, dans la plupart des villes françaises, l’assouplissement de la carte scolaire n’a pas franchement changé le paysage éducatif, Paris fait figure d’exception. Dans cette ville, où la chasse au bon lycée est un sport très angoissant pour les familles, le fait d’être « boursier » rapporte plus de points de bonus qu’ailleurs. Cette particularité du barème « permet mécaniquement aux boursiers d’accéder aux meilleurs lycées publics », constate le rapport. Une « mixité sociale » qui ne manque pas de faire débat depuis cinq ans. Car parmi les 15 % de boursiers parisiens, certains accèdent plus facilement à ces établissements prestigieux au détriment de collégiens d’origine sociale plus aisée qui croyaient leur place réservée. À notes égales, voire inférieures, les boursiers peuvent les devancer. Pleurs et grincements de dents sont devenus monnaie courante aux portes des établissements attractifs. Conséquences : le lycée Charlemagne est passé de 15 % de boursiers à 25 %. Sophie-germain compte désormais 40 % de boursiers. Des lycées peu prisés, comme PaulValéry, ont accueilli, du coup, davantage d’élèves issus de milieux favorisés « qui viennent à reculons ». Les familles qui avaient acheté 30 % plus cher leur appartement pour s’assurer une place se sentent quant à elles flouées, menaçant d’envoyer leurs enfants dans le privé.

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelles récentes
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 10:00

www.le-sages.org

 

Ce texte vieux de 20 ans n'a pas pris une ride... Patrice HUIBAN.

 

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"La France souffre depuis longtemps d'un mal profond : l'égalitarisme en un sens qui n'est pas exactement celui du dictionnaire : il s'agit d'un développement systématiquement excessif de la lutte contre les inégalités.

La lutte contre les inégalités est une chose nécessaire, au moins la lutte pour la diminution des inégalités si l’on veut être réaliste. Si elle devient obsessionnelle, si elle est considérée comme un but presque unique de toute politique sociale, elle devient néfaste de la même manière que la démagogie est un développement néfaste de la démocratie. Tocqueville avait déjà dénoncé l'égalitarisme comme une de causes possibles d'une dégénérescence des démocraties.

Proclamer que tous les hommes sont égaux en droit et en dignité (et aussi en devoirs), c'est dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, et tous les démocrates se fondent à juste titre sur cette proclamation.

Proclamer que tous les hommes sont égaux à tout point de vue et à tout instant, y compris dans leurs capacités soit en force musculaire, soit en don musical, soit en intelligence, c'est tout simplement faux.

Si ce n'était qu'une erreur, ce ne serait pas trop grave, mais elle mène à toutes sortes de développements politiques qui reviennent toujours à aligner tout le monde sur le niveau le plus bas.

Comme nous le verrons, cela ne profite même pas aux plus faibles, cela mène seulement à une hypocrisie désastreuse, et finalement l'égalitarisme aboutit presque immanquablement à l'approfondissement des inégalités. Car, pour diminuer les inégalités, il n'est pas nécessaire ni suffisant de proclamer tous les humains égaux, il faut lutter pas à pas pour qu'ils le deviennent plus, et ceci peut et doit comporter certains mesures inégalitaires. Le développement le plus intense de l’égalitarisme a été la révolution culturelle chinoise, qui a été une des plus monstrueuses destructions de la culture. Mais bien des pays ont développé l'égalitarisme dans le langage et dans l'action, également en 1968, et la France est probablement l'un de ceux où il s'est le plus développé parmi les pays occidentaux.

L'année 1968 est lointaine, les jeunes l'ignorent et ne sont plus du tout semblables à leurs aînés, mais ceux des adultes qui répandent la doctrine égalitaire sont justement ceux de la génération 1968, et les jeunes actuels en sont, dans la réalité, les victimes. On développe d'abord l'égalitarisme dans l'enseignement chez les jeunes au niveau de l'école élémentaire, des collèges ou des lycées.

Qu’on veuille développer l'esprit d'équipe et de collaboration, l'amitié des élèves les uns pour les autres, interdire au mérite de mépriser l'échec, c'est tout à fait souhaitable.
Mais qu'on prenne prétexte de l'existence d'élèves qui ont des difficultés à travailler pour freiner ceux qui le peuvent et le veulent, c'est inadmissible.

Il faut distinguer la vie dans la classe et le discours public. Dans le discours, les tabous qui se sont développés avant et après 1968 sont solidement établis. On ne peut plus employer les mots bon élève, élève doué, élève travailleur, talent, mérite, réussite scolaire, intelligence, élève sérieux, on blâmera toute tendance à la compétition (il v en avait trop autrefois, on l'interdit presque complètement maintenant), on évitera toute sanction et toute récompense alors qu'ensuite la vie en est pleine. Alain Savary a voulu, sans y parvenir plus qu’un instant, supprimer les mentions au baccalauréat, tous les bacheliers devaient être identiques. Cette fiction est encore imposée à l'entrée dans toutes les filières académiques de l'Université. Combien de gens, devant parler quand même d'élèves doués ou intelligents, les appellent rapides et décidés, alors qu'il n'y a pas de relation constante entre les deux types de qualité ? Dans la classe, la situation est très variable, les enseignants ont toujours la difficile tâche de faire progresser à la fois des enfants inégalement doués ou inégalement formés ; les plus solides ont souvent un esprit naturel de compétition, renforcé chez beaucoup par l'influence familiale parce que le succès scolaire n'a plus seulement l'aspect d'un honneur (comme c'est le cas pour les succès sportifs), mais est connu comme un facteur important de réussite scolaire.

Les adultes ont droit à des prix ou médailles très variés : prix de l'Académie ou de sociétés savantes, prix Nobel, doctoratshonoris causa , prix littéraires (Goncourt, etc.), coupes sportives, oscars et césars pour le cinéma (rappelons les lauriers des vainqueurs olympiques en Grèce antique), etc.

On refuse cette satisfaction aux enfants (les prix de fin d'année on disparu), alors que c'est sans doute eux qui en auraient le plus besoin. Les “ distributions solennelles de prix ” de fin d'année seraient vraiment vieux jeu, et même pratiquement irréalisables, mais un certain nombre de prix par an pour des performances particulières seraient sûrement les bienvenus, pour les gagnants, les autres et leurs professeurs, et il y en a beaucoup à l'étranger.

Cela aiderait les bons élèves de tous les milieux à sentir que l'acquisition de la connaissance et de la culture peut être aussi désirable que celle de la fortune".

Laurent Schwartz, mai 1991.

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 12:10

 

Le Figaro, le 11-12-2011.

Contre l'argent roi !

TRIBUNE - Le philosophe Chantal Delsol s'élève contre le mépris des convictions spirituelles qui domine notre société.

 
Contre l'argent roi: voilà un discours qui emporte tous les suffrages. Il n'est pas un détour de conversation, pas une péroraison de journaliste, pas un discours politique où l'on n'entende cette ardente récusation du matérialisme. De l'extrême gauche à l'extrême droite en passant par les centrismes les plus fades, tous s'indignent contre la «tyrannie des marchés».


Curieux consensus, qui exprime un dégoût de soi. Car il n'y a pas plus matérialistes que nous. À preuve : nous réduisons tout à l'économique, nos problèmes sociaux comme nos problèmes politiques. Qu'on regarde de plus près.


S'agit-il de faire face à une crise économique majeure dans l'ensemble de la zone euro ? Nous mettons en place des gouvernements de salut public, comme si nous étions en guerre. Autrement dit, la crise économique équivaut à une situation de guerre, parce que la question économique est devenue la seule cruciale, par défaut de tout le reste. On utilise alors pour parler des chutes de la Bourse le même ton dramatique qu'on utilisait quand Hitler envahissait la Pologne. En imposant des gouvernements techniciens dans les pays sinistrés, l'Europe indique bruyamment qu'elle est en train d'effacer la politique, et de couronner l'économie à sa place. Nous avons voulu remplacer la guerre par le commerce, et nous y sommes parvenus. Oui, nous pouvons bien injurier l'argent: mais nous n'avons rien d'autre.


S'agit-il de considérer le drame des pauvretés renaissantes, le drame de l'illettrisme au sein de l'Éducation nationale, le drame de la délinquance des mineurs ? Nos experts se penchent sur ces catastrophes et s'écrient immanquablement : de l'argent! Il faut plus d'argent ! Sans jamais s'aviser qu'il faudrait peut-être davantage de famille unie, davantage de temps pris par les parents pour l'éducation, davantage de courage ou d'énergie pour travailler, davantage de sens de l'honneur pour assumer son sort, etc.; autrement dit: davantage de biens spirituels.


Peut-être détestons-nous l'argent. Mais sans conteste nous détestons encore plus les biens spirituels: depuis déjà longtemps nous ne cessons de les dénigrer. Les mêmes qui fustigent avec le plus d'ardeur le matérialisme ambiant se sont efforcés d'anéantir les idéaux; ils ont vilipendé les croyances; ils ont discrédité fanatiquement les espérances du salut; ils ont considéré la défense de n'importe quelle «cause» comme l'expression d'un provincialisme ridicule; ils ont traqué sans pitié tout ce qui n'était pas comptable, mesurable et pesable; ils ont ridiculisé, à l'usage des jeunes générations, les héros et les saints. La passion matérialiste résulte de la destruction des croyances, idéologies, religions et autres, toutes jugées infréquentables. L'argent roi a occupé la place laissée libre par toutes les ferveurs sacrifiées.


La passion de l'argent et du confort, signe de l'esprit bourgeois depuis le XVIIIe siècle, a été déployée avec les Trente Glorieuses et consacrée avec la fin des idéologies. Les passions religieuses, idéologiques, militantes, nous ont fait trop de mal et, du coup, c'est toute adhésion immatérielle que nous détestons. Oui, mais voilà, la nature a horreur du vide: quand un citoyen n'a plus d'idéaux, il tombe amoureux de son écran plat. Notre passion pour l'argent, contre laquelle nous nous élevons avec véhémence, ne nous a pas été imposée sournoisement par quelque classe de banquiers diaboliques: notre matérialisme provient directement de notre mépris des convictions spirituelles.

Derrière cette récusation de l'argent, il y a dans nos sociétés un appel de l'austérité, comme une nausée du confort des Trente Glorieuses. Acheter peu, mépriser le superflu, prendre son temps, honnir l'ambition: certains d'entre nous se sont mis volontairement en mode survie. Mais c'est une austérité sans projets, sans passion, sans ferveur, sans espérance. Elle est vide, parce que tissée autour de la haine - haine des banquiers, haine de soi. Et l'austérité ne peut être fastueuse que si elle se tisse autour de valeurs positives. On ne renonce pas à l'argent par aversion pour les riches, mais pour couronner quelque idéal plus élevé. Un peuple doté de spiritualité peut vivre pauvrement: c'est comme manger des topinambours dans une assiette en vermeil. Pourtant les idéaux nous font peur : ils suscitent le conflit et, en même temps, exigent le lien. Or nous sommes individualistes et pacifistes. Notre aversion de l'argent n'est qu'une rodomontade contre l'argent roi, certes, et qui donc sera le roi ?

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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Lundi 28 novembre 2011 1 28 /11 /Nov /2011 21:24

 

Associated Press, le 19-11-2011.

 

L'enseignement du français continue de gagner en popularité en Louisiane

 

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LA NOUVELLE-ORLÉANS - La vague d'immigrants d'origine hispanique qui ont déferlé sur la côte du golfe après l'ouragan Katrina ne semblent pas avoir eu raison de la demande des familles de Louisiane pour que leurs enfants aient des cours en français.

 

Il y a une liste d'attente pour toutes les 29 écoles publiques d'immersion française de l'État, et, cette année, au moins une école _ la International School of Louisiana (ISL) à La Nouvelle-Orléans — a reçu plus de demandes pour son programme francophone que jamais auparavant.


La demande pour une éducation en espagnol demeure forte, autant pour l'usage local que comme langue de commerce entre les Amériques. Mais même certains locuteurs espagnols cherchent à faire éduquer leurs enfants en français.


Gayle Perez, une femme née à La Nouvelle-Orléans qui a grandi en parlant espagnol en raison de ses parents équatoriens, a inscrit son fils dans le programme francophone de l'ISL. Désormais âgé de 10 ans, son Alejandro Perez s'exprime en anglais, en espagnol et en français.


Mme Perez dit avoir choisi le français pour son fils en partie à cause de l'espace occupé par la langue dans l'histoire de la ville, mais principalement en raison de sa place dans le monde. Le français est parlé dans plus de 30 pays à travers le monde, et il s'agit d'une des langues officielles parlées aux Nations unies.


Au dire de Mme Perez, parler français ouvre une personne au monde. Elle estime que son fils s'intéressera davantage à ce qui se passe sur la planète et sera donc un individu plus important dans la société mondiale.


La demande pour que les enfants apprennent un deuxième langage est en hausse alors que les langues autres que l'anglais sont devenues plus présentes aux États-Unis et dans les bulletins de nouvelles télévisés, explique Sean Wilson, chef de l'ISL, qui offre des séances d'immersion en français et en espagnol, ainsi que des classes en mandarin chinois.


La poussée louisianaise pour le retour du français a débuté en 1968 avec la création du Council for the Development of French in Lousiana, également connue sous l'acronyme CODOFIL, après que la langue ait été reléguée aux oubliettes pendant des décennies.


«Au début, l'idée était d'apprendre le français pour pouvoir communiquer avec nos grands-parents», a déclaré Joseph Dunn, qui dirige le CODOFIL, dont le siège social se trouve dans la ville cajun fortement francophone de Lafayette, en Louisiane, et qui a été créé pour protéger et développer la langue dans l'État. «Aujourd'hui, nous voulons faire du français une langue qui pourra continuer à vivre, à être pertinente.»


Jeudi et vendredi, M. Dunn rencontrera François Delattre, l'ambassadeur de France aux États-Unis, qui effectuera sa première visite en Louisiane depuis son entrée en poste cette année. L'ambassadeur doit rencontrer le gouverneur Bobby Jindal et le maire de la Nouvelle-Orléans Mitch Landrieu.

L'un des principaux points abordés sera l'éducation de langue française en raison de son importance vitale pour le développement économique et le tourisme, a expliqué Jean-Claude Brunet, le consul général de France à La Nouvelle-Orléans.


Selon M. Brunet, plus il y a de gens parlant français en Louisiane, plus il y a de touristes. Les francophones seraient entre 150 000 et 200 000 en Louisiane, indique M. Dunn. Environ 50 000 étudiants des écoles publiques de l'État apprennent le français comme deuxième langue, et 3500 autres prennent part à des programmes d'immersion en français.


Le CODOFIL travaille à augmenter le nombre de programmes d'immersion en français, mais l'objectif plus général est de faire du français une langue parlée dans la communauté.

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelles récentes
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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 15:39

 

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Dans une récente étude IRSEM/CEVIPOF, l’armée est, pour 85% des jeunes français, l’institution en laquelle ils ont le plus confiance, devant l’Ecole et très loin devant les partis politiques crédités de 13%. Par ailleurs, 4 jeunes sur 10 sont prêts à s’engager dans l’armée. Ils le feraient d’abord pour le service du pays, plutôt que pour l’obtention d’un emploi stable. Lors d’un précédent sondage en 1998, c’était l’inverse.

 

Ce sondage pourrait paraître surprenant dans une société libérale (au sens politique) et hédoniste comme la nôtre. En effet, l’armée incarne l’ordre, l’autorité, la hiérarchie alors que les partis politiques représentent théoriquement la liberté, la participation citoyenne et concourent, comme le dit la Constitution, à l’exercice de la démocratie.

 

Pourtant, ce sondage n’a rien de surprenant. Il est même tout à fait logique.

En effet, dans un pays en proie à une crise économique dans la durée et au doute quant à son avenir, il est naturel que les armées apparaissent comme un repère identitaire et le dernier rempart à la sauvegarde de notre modèle de civilisation qu’elle promeut et défend au quatre coins de la planète. Ceci est dans la droite ligne du retour de la nation comme seul cadre crédible d’épanouissement de la démocratie et de protection des citoyens. Nos hommes politiques semblent l’avoir compris après avoir majoritairement tenté de ringardiser les valeurs nationales, coupables d’être un frein à la construction d’une Europe politique, voire à l’émergence de « citoyens du monde ». Même Jean-Luc Mélenchon affiche nos trois couleurs et va jusqu’à employer le terme de patrie, tabou il y a encore peu, même à droite. Des années 80 aux années 2000, ils ont cependant créé un vide comblé par un essor des infra-identités, notamment spirituelles. Comment peut-on se plaindre aujourd’hui du retour du religieux prophétisé par Malraux alors que notre laïcité est adossée à un catéchisme républicain qui n’est plus guère professé aujourd’hui dans un système éducatif davantage anational que national ? Tout peuple a besoin d’espérance et de valeurs transcendantes. Cela passe par la foi dans une religion d’Etat ou… dans un Etat.

 

En dehors de déclarations, cette confiance des jeunes dans leurs armées s’illustre également par la capacité de ces dernières à honorer quantitativement et qualitativement leurs besoins colossaux en recrutement. Elles sont les seules dans ce cas en Occident. En effet, elles doivent (Gendarmerie incluse) renouveler 30 000 postes/an. Si elles veulent maintenir un taux de sélection moyen de 3/1 (8 candidats pour un poste d’officier, 4 candidats pour un poste de sous-officier et 2 pour un poste d’engagé), elles doivent faire franchir les portes de leurs centres de recrutement à près de 100 000 jeunes par an, soit 1/8 d’une classe d’âge ! Si on prend en compte le fait que ces métiers spécifiques attirent majoritairement les garçons, nous obtenons 1/4 -1/5 d’une classe d’âge masculine qui contacte un centre de recrutement ! Contrairement à toute attente, les pertes en Afghanistan, notamment en août 2008, n’ont pas tari le flot de candidats mais l’a augmenté. Seul changement : ces mêmes candidats sont plus souvent accompagnés par leurs parents…Qui a dit que notre jeunesse était totalement hédoniste et individualiste ? Elle est en fait en quête de sens ! Elle souhaite s’incarner dans un projet collectif que notre école républicaine et nos élites peinent à (re)définir.

Le seul bémol au niveau du recrutement est le relatif peu de prestige de la carrière militaire chez les classes socioprofessionnelles élevées. Tout se passe comme si l’antimilitarisme populaire avait disparu alors qu’une certaine condescendance des « élites » s’était développée chez des générations qui n’ont pas connu les conflits de masse du XXe siècle. Pourtant, dans l’Histoire, les plus grands dirigeants occidentaux ont bénéficié d’une solide expérience militaire (Washington, Churchill, de Gaulle, Eisenhower,…).

Sur cet aspect, il est d’ailleurs paradoxal que l’Ecole polytechnique, dont les ¾ des élèves rejoignent le secteur privé, ait gardé un service national de 8 mois transformé en stage de formation humaine visant à provoquer chez ces futurs décideurs « une triple rupture géographique, sociologique et intellectuelle avec l'univers des classes préparatoires ou de l'université ». A quant un service national au programme de l’ENA ? Apprendre la rusticité, l’humilité au milieu d’une troupe à l’image de notre diversité sociologique actuelle ne serait pas totalement dénué de sens pour qui prétend, à terme, promouvoir l’intérêt général, voire conduire la nation. Il s’agit de développer non une élite de statut mais de susciter une élite « comportementale », c’est-à-dire une élite de l’action et de l’engagement.

 

Pour autant, les militaires, si prompts à défendre la patrie et les intérêts de la nation, peuvent-ils participer à la refondation de notre démocratie ?  Ils ont certes les qualités morales requises, mais sont cantonnés au rôle (frustrant) de spectateurs de part leur devoir de réserve leur interdisant même d’adhérer à un mouvement politique. C’est pourquoi il faut espérer que nombre d’entre eux, quittant le service actif, irrigueront les sphères politiques et économiques comme chez nos amis anglo-saxons. Pour autant, il est vrai que le réflexe collectif et intérêt général du cadre militaire le prépare peu à gravir les échelons des partis politiques, tant il faut faire preuve de la plus individualiste des ambitions pour y progresser. Sans le séisme de 1940, soyez sûr que le général de Gaulle n’aurait jamais pu percer et faire une grande carrière politique…

 

Patrice HUIBAN.

 

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Réflexions
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Dimanche 4 septembre 2011 7 04 /09 /Sep /2011 11:44

 

Le Point.fr, le 03-09-2011.

Rentrée scolaire, pas de bla-bla, soyons sérieux 

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La rentrée scolaire 2011 "techniquement réussie" voulue par le ministre de l'Éducation Luc Chatel inspire les internautes du Point.fr, qui centrent le débat sur l'importance décisive de l'éducation dans la construction d'une société.

 

« Un système onéreux, irrationnel et inefficace » (voyonsvoir)

Réductions de postes, heures supplémentaires pour les enseignants, les lecteurs ne sont pas tous d'accord avec les nouveaux ajustements prévus par l'Éducation nationale pour la rentrée 2011. "Voilà un ministère à réformer de haut en bas, où il faut serrer la vis et supprimer le gras dans les personnels administratifs et les détachements. Alors, on pourra peut-être donner des moyens convenables aux profs et réduire à de plus justes proportions cet énorme budget très mal employé", écrit Petitmalin qui rejoint ainsi l'avis de nelson36, pour qui "c'est dans les pléthoriques services du ministère qu'il faudrait tailler les effectifs, et rémunérer ainsi un peu mieux les professeurs", lesquels, rappelle-t-il, "font le réel boulot face aux élèves".

 

Les "vrais problèmes"

Pour Champagnac, la suppression des postes d'enseignants, "même si c'est triste", n'est que l'arbre qui cache la forêt : "Depuis des décennies, les enseignants et leurs syndicats exigent plus de moyens, au lieu de s'attaquer à nos vrais problèmes : remise à plat des programmes, autorisation des redoublements, baisse du pouvoir des parents d'élèves et des syndicats." Une idée partagée par destartin, qui remet en cause l'évolution de la formation des professeurs : "Les enseignants du primaire ne sont plus formés pour structurer le savoir, enseigner un savoir de fond, expliquer les choses en profondeur, relier les connaissances entre elles", ce qui donne lieu à un enseignement "parcellaire, fragmenté, superficiel".

 

"Les premiers lésés sont les élèves" (Grosgâteau)

"La destruction de l'éducation républicaine est en route depuis 30 ans." Miecke affirme ainsi ce que beaucoup disent. La cause ? La "généralisation de la connaissance et des diplômes", gage d'égalité et de réussite sociale pour tous, dont il déplore l'échec "pour les élèves aux diplômes dévalués, pour les profs aux cours disqualifiés par un diplôme acquis d'avance, pour les entreprises qui doivent intégrer des jeunes inadaptés à l'exigence...". Un constat amer pour de nombreux internautes dont Grosgâteau, qui se désole de l'image aujourd'hui véhiculée par l'école, celle d'un "nivellement par le bas et d'une politique de l'échec, quel que soit le bord", pointant ses lourdes conséquences : "Les premiers lésés sont les élèves dont les programmes sont chaque année plus allégés et, pourtant, de plus en plus rarement achevés, et avec des résultats en baisse constante. Les seconds sont les enseignants, étiquetés comme des incapables et fainéants, toujours en première ligne pour se faire lapider en cas de problème."

 

"La formation, l'indispensable investissement de la nation" (amer)

Les internautes sont unanimes : l'instruction de tous est le fondement de tout. Ainsi, pour amer : "La formation est le principal, l'indispensable, investissement de la nation, celui qui doit le plus compter. Une éducation en déclin est l'assurance d'un pays qui sombre." C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il pense, comme d'autres, que les économies ne doivent pas être cherchées dans une réduction de la rémunération des enseignants : "Les profs devraient gagner beaucoup plus, non pas sur un critère de mérite ou que sais-je, mais par pragmatisme : il faut attirer des excellents éléments dans la filière pour assurer notre avenir collectif." Et G.Lascombes d'ajouter : "On oublie bien trop souvent que l'école, de la maternelle aux études supérieures, est le futur moteur de la croissance. Sans connaissance, sans éducation : pas de recherche, pas d'innovation, pas de progrès technique." Il précise qu'outre cet aspect, important, l'école joue également un rôle social.

 

Il est contre-productif de "déstabiliser les enseignants et les parents à chaque veille de rentrée" (Capito)

Pour beaucoup de commentateurs, "ce n'est pas en dénigrant sans arrêt le système éducatif français qu'on le fera évoluer" (did), ni en "déstabilisant les enseignants et les parents, à chaque veille de rentrée" (Capito), et encore moins en se contentant d'une "indignation bruyante et stérile une fois l'orage passé" (Grosgâteau). Il est temps, soulignent les commentaires, de comprendre que "tout le monde doit y mettre du sien pour que ça marche", parents d'élèves compris, qui doivent "accompagner et soutenir leurs propres enfants dans leur scolarité".

 

 

Par Patrice HUIBAN - Publié dans : Nouvelles récentes
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Acteurs, soutiens

Acteurs :

Roger Benvenuti

Retraité

Eric Borderie

Ingénieur dans les télécommunications

Jean-Jacques Ceroux

Sapeur pompier

Yannick Coudert

Ingénieur

Christophe Engrand

Libraire à la retraite

Vincent Gelé

Sapeur pompier

Patrice Huiban:

Officier supérieur de l'armée de Terre

Josette Labat :

Retraitée

François Le Vely :

Yann Loupp :

Professeur de Physique, organiste

Pierre Merlin :

Retraité

André Montagne :

Enseignant

Stéphane Reynaud :

Chef d'entreprise

Hugues Roussel :

 

Soutiens :

Jacqueline de Romilly, de l'Académie française

Héléniste de renommée internationale, première femme professeur au Collège de France, première femme à l’Académie des Inscriptions et des Belles Lettres, auteur de nombreux ouvrages sur l'enseignement.

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